Je te téléphone près du métro Rome. Paris, sous la pluie me lasse et m'ennuie. La Seine est plus grise que la Tamise, ce ciel de brouillard me fout le cafard… Je vais me réveiller dans un hôtel proche de la  Gare de Lyon, ce matin. Je vais forcément me demander ce que je fais là, avant de réaliser que c’était prévu, que j’avais moi-même procédé à la réservation. C’est un déplacement express à Paris en venant de Lyon où j’ai fait un autre déplacement express, hier. Une espèce de faux tour de France en 36 heures montre en main. Avec un tel rythme, je n’ai pas eu le temps ni le loisir d’organiser quelque rendez-vous personnel que ce soit avec un ou des amis parisiens ou banlieusards. Il m’a fallu aller vite et tout à l’heure, vers 11h, je reprendrai déjà le train du retour pour Bordeaux.

J'te donne rendez-vous à la gare de Lyon, sous la grande horloge près du portillon. Nous prendrons le train pour Capri la belle, Pour Capri la belle avant la saison… Tout à l’heure, nous prendrons un petit déjeuner digne d’un hôtel trois ou quatre étoiles, avec du salé, avec du sucré et ça sera probablement le premier vrai repas depuis dimanche. Car hier, nous n’avons fait que manger sur le pouce, à midi, avec le patron et nous avons encore un peu grignoté, hier soir, vu notre heure d’arrivée un peu tardive dans la capitale. Et moi, comme c’est ma première fois dans un hôtel à la gare de Lyon, je suis un peu ému. Je ne sais pas si ça se reproduira un autre jour.

Passant par Vérone, derrière les créneaux, j'vais voir le fantôme du beau Roméo. Je vais dire "je t'aime" à celui que j'aime, ce sera l'Italie comme dans les chansons. Taxi, vite, allons! À la gare de Lyon... Dans quelques heures, ce sera le retour à Bordeaux, aux alentours des 15 ou 16 heures. À peine le temps de se faire des souvenirs. Pas même celui d’écrire ne serait-ce qu’une seule carte postale. C’est un peu compliqué, quand on est en cavale, avec toutes les équipes d’Interpol aux fesses. Il va vraiment falloir que je me trouve une planque près de Bordeaux. Ou dans les Landes, dans un coin reculé. Mais pas à Biscarrosse, non, là, ce serait trop facile de m’y trouver. Peut-être dans une cabane, au fond d’une pinède. Sans petit déjeuner royal, le matin.