Dimanche, vers 17h30 à Bordeaux, place Pey Berland, je monte dans un tram qui va me ramener chez moi. Normalement. Je n’aime pas trop prendre le tram après une certaine heure car en semaine, c’est souvent bondé à cause de l’heure de pointe (comme disent les danseuses étoiles) ou parce que certaines rames ne vont que jusqu’aux Quinconces pour permettre une meilleure régulation du trafic. Mais le dimanche, a priori, non. Il n’y a pas d’affluence à l’heure de sortie des bureaux puisque ces derniers sont fermés. Et il n’y a pas besoin de réguler la circulation des trams. Alors, je monte dans celui qui va me ramener chez moi avant mon déplacement à Lyon et à Paris, demain et mardi.

À peine suis-je assis qu’un bruit insupportable vient nous casser les oreilles, à tous les passagers (ou presque) et à moi (en totalité), ça doit être du rap mais avec le son à une force assez incroyable. Quatre jeunes blacks un peu éméchés (chacun a une bière entamée à la main et celui qui est peut-être le meneur en porte également un pack à bout de l’autre bras) et nous sommes tous un peu stupéfaits d’un tel vacarme et tous, ou presque, nous nous résignons en pensant que nous allons devoir supporter ça pendant une, deux, trois, quatre (ou plus) stations. Même le traminot a jeté un œil mais s’est abstenu car que faire contre quatre jeunes alcoolisés qui semblent n’avoir aucune notion du mot respect.

Un passager vient leur dire d’arrêter la musique. Et les quatre blacks commencent à monter le ton car ils se sont sentis agresser de ne pas avoir entendu un seul s’il vous plaît. De part et d’autre, entre les voyageurs qui ont sauté sur cette occasion pour dire que le passager avait raison de leur dire d’éteindre leur bruit et les quatre jeunes qui ne veulent en faire qu’à leur tête, les voix s’élèvent, on a l’impression qu’on va même assister à une bagarre. Je n’en mène pas large car je suis une véritable éponge, je ressens toute l’agressivité en moi. Finalement, tout le monde descend au bout de trois stations et les agents de sécurité appelés à la rescousse par le chauffeur ne peuvent rien constater. Moi, je vais en retenir que plus ça va, moins ça va.