Voyons voir… Si je devais me recycler, dans quoi pourrais-je exceller ? Dans quel secteur pourrais-je faire mon beurre et l’argent du beurre et le cul du crémier. Rhôôô, que ne me faites-vous pas dire !

En premier lieu, je pourrais enfin écrire un roman, qui constituerait le socle d’une future grande œuvre qui serait reconnue universellement dans les siècles et les siècles à venir (amen) même après la fin du monde car on ne peut rien contre la littérature.

Ou alors, je pourrais tenter de jouer au loto mais pas en tant qu’amateur, comme la plupart de tous ceux (et ils sont nombreux) qui pensent que le hasard fera le boulot et la chance, le reste. Non, moi, je créerais la martingale qui me rendra implacablement milliardaire.

Je pourrais me séduire une vieille dame avec un peu d’argent et me faire coucher sur son testament en m’arrangeant pour que notre union ne dure pas trop longtemps. J’en connais presque une depuis deux jours. Je ne l’ai pas encore rencontrée mais j’ai entendu parler d’elle.

Mais je n’ai pas envie de coucher pour réussir. Alors, tant pis pour le bonheur avorté avant d’avoir éclos de cette vieille dame très chic, cette Françoise dont je tairai le nom parce que, tout simplement, je ne le connais pas. Dont acte.

Je pourrais enfin montrer que je suis capable de vendre du lait à une vache, à dix vaches, à cent vaches et même à mille vaches. Parce que depuis chez moi, devant mon ordinateur, je suis le meilleur, invincible et rien me résiste. Mais bon, on verra demain, pour ça.

Une autre idée que je pense être bonne, afin de redonner un peu de dignité à certaines vieilles dames abandonnées : proposer des stérilets dans les maisons de retraite. Donner à ces femmes qui ne seront plus jamais mères, l’illusion qu’elles pourraient l’être encore…

Une autre forme de recyclage qui m’irait bien, ce serait de trouver une mallette avec beaucoup d’argent ou de diamants bruts. Et je partir à Amsterdam pour les vendre. Ou dans un paradis fiscal, si ce sont des billets. Et ouvrir un compte dans une banque discrète.

Non, finalement, ma fainéantise et ma fumisterie m’empêchent de me lancer dans quelque nouvelle aventure que ce soit. De tout mettre en branle pour changer ma vie. Plus tard, peut-être…