Il y a des jours, comme ça où on se sent moins. Non pas qu’on se sente moins bien ou moins pire, non, on se sent tout simplement moins. Ce sont des jours sans. Des jours de peine. Des jours à la peine. Et hier, malgré une matinée très constructive et positive, je me suis traîné tout le reste du temps. Comme si mon corps avait pris vingt ans dans la gueule. Comme si je m’étais pris un élixir de vieillesse. Je me suis senti courbatu et même court battu. Comme si j’avais eu double ration de coaching avec un prof de gym pervers alors que pas du tout, c’était mardi, le cours avec Carlos et ça va, depuis, je m’en étais bien remis. Non, cette lassitude physique, ce vieillissement prématuré, ça m’est tombé dessus comme ça, sans prévenir.

Je repense à la chanson de Barbara, « Le mal de vivre », qui ne prévient pas et qui arrive, qui vient de loin, qui s’est traîné de rive en rive, la gueule en coin… Eh bien voilà. C’est ça, que j’ai vécu, que j’ai subi, hier. C’est cette espèce de mal-être de vivre. Pas le mal de vivre, non, le mal-être de vivre. Et j’ai passé beaucoup de temps sur le canapé histoire de me rendre utile auprès de mes neurones : certains avec un bouquin, d’autres avec des épisodes de série en replay car maintenant que la fibre est réparée, je peux tenter de rattraper le temps perdu. Un part, une toute petite part de temps perdu. Et ça m’a bien occupé. L’esprit, en tout cas. Pendant ce temps-là, pendant ce temps-là, je ne pensais pas à mon état et ni à mes inquiétudes.

J’ai quand même eu le temps de me souvenir de mes soixante ans, il y a vingt ans de cela. Ça m’est revenu en mémoire comme si ça datait de la veille. Pour un peu, j’aurais vraiment cru que ça datait de la veille. Et je me suis mis le doigt (lequel ?) dans l’œil (lequel ?) et j’ai eu mal au dos. Ou mal aux reins. Et je me suis senti devenir vieux. Déjà que je suis plutôt petit, ça m’a rendu petit vieux. Mais j’espère qu’aujourd’hui, ça va aller mieux. Tout à l’heure, j’ai évoqué la grande Barbara. Je vais faire un grand écart culturel, sans ironie, et là, parler d’Annie Cordy : « Ça ira mieux demain, ça ira mieux demain, comme tout finira bien, il faut profiter du jour qui vient… » Parce que demain est toujours un autre jour. Et aujourd’hui, c’est justement demain.