S’il s’agit de me faire du fric (pas mal de fric) sans trop me fatiguer, on m’a parlé de l’industrie du sexe. Comme je ne peux plus devenir gigolo ni même escort-boy, on m’a conseillé les films pornographiques. Non pas en tant que spectateur, non, en tant qu’acteur. Et j’avoue que, après l’effet de surprise passé, j’y ai sérieusement réfléchi. Parce que, à mon âge, je n’aime pas me lancer dans tout et n’importe quoi sans y avoir vraiment pensé avant. Quitte à faire une bêtise voire une connerie, autant la mûrir avant de s’y mettre. Tant qu’à avoir des regrets, autant que ça en vaille la peine. Et donc, j’ai passé deux jours à y penser très fort. J’ai pesé le pour et le contre.

Dans le « pour », le premier argument, c’est justement le niveau de salaire ou d’émoluments, plutôt, que je serais amené à recevoir, c’est-à-dire, si ça marche bien, peut-être un an de revenus sur un seul mois de boulot, au pire, deux mois. Et si en plus, je peux en toucher une partie en espèces, c’est encore plus juteux, si je puis dire. Le deuxième argument en faveur d’une nouvelle carrière d’acteur pornographique pour moi, ce serait de rencontrer des gens un peu différents de d’habitude. Il s’agirait pour moi d’élargir mon cercle de relations. Et chaque expérience est toujours source de richesse personnelle, intellectuelle et humaine. Le troisième argument ? Je n’en ai que deux.

Dans le « contre », il y a plusieurs choses. La première, c’est que je n’aimerais pas que mes parents tombent sur les films de cul dans lequel j’aurais pu tourner. En même temps, c’est vrai aussi qu’à leur âge, 83 et 86 ans, il y a peu de risques qu’ils en matent en douce, certains soirs, quand il n’y a rien à la télévision. La deuxième chose, c’est que je veux bien jouer à l’acteur porno mais je ne veux aucun produit dopant, aucune substance illicite sur les plateaux. La troisième chose, je veux prendre un pseudonyme qui en vaille la peine et j’ai besoin de temps pour trouver celui qui fera l’affaire. Enfin, quatrième chose : je refuse d’être filmé tout nu. À prendre ou à laisser. C’est mon dernier mot.