Hier après-midi, après déjeuner, vers 14h, je me suis installé dans un fauteuil relax, sur la terrasse. Il y avait un rayon ou deux de soleil et je me suis dit qu’il fallait en profiter car ce genre d’occasions se présenterait de moins en moins souvent, d’ici la fin de l’année car, jusqu’à preuve du contraire, pour l’instant, pas d’été indien en vue… Et j’étais bien. J’ai tombé le petit blouson de soie léger que j’avais enfilé à la hâte au cas où car, sous la chaleur étonnante de l’astre luisant, j’ai eu peur de transpirer plus que de raison et hier, comme je ne portais pas de très, très, très jolie culotte pour fuites urinaires… Vous comprenez l’allusion, j’espère ? Bref, comme dirait la dernière goutte au moment de tomber dans l’eau, bref, donc, j’étais bien. J’avais en vue de terminer le bouquin que j’étais en train de lire depuis deux jours.

J’avais le soleil dans l’œil, ce qui est nettement moins douloureux qu’un compas car je tenais le livre en face de ma figure pour faire contre-jour. Et, outre que ça me fatiguait un peu le bras gauche, ça me permettait de lire sans être totalement aveuglé. Il ne devait me rester qu’une cinquantaine de pages à lire avant de fermer définitivement ce thriller haletant et j’avais vraiment l’intention d’aller jusqu’au bout. Ça n’est pas si souvent que je suis capable d’aller au fond des choses, dans ma vie personnelle, parce que dans ma vie professionnelle, j’étais plutôt réputé pour ça, entre autres. Et j’avançais, page par page, pris dans un certain feu de l’action et je me disais que j’avais de la chance de pouvoir lire dehors, comme ça.

J’avais de la chance, oui, assurément. Jusqu’à un moment où un nuage foncé (pour ne pas dire « noir » – restons politiquement correct, pour une fois !) a masqué le soleil. Ce n’était pas la première fois de la journée mais ce coup-ci, ce coup-là, cahin-caha, le nuage était plutôt du genre… comment dire ? Plutôt du genre obèse de chez obèse et là, il m’a soudain sauté à l’esprit que je ne reverrais pas l’astre de feu avant un bon moment. Et au même instant, j’ai senti comme un froid passer sur moi et je me suis alors dit qu’il fallait que je me replie sous ma tente. Et je suis allé sur le canapé, avec un peu de regret mais rassuré de me sentir plus à l’abri d’un éventuel grain. Et après, j’ai terminé le lire le bouquin. Et j’en ai été presque triste. Comme le temps, subitement. Que voulez-vous, franchement pas chaud pour la saison.