Je me demande si je n’ai pas déjà utilisé le même titre pour un billet précédent, cette année* mais tant pis, si je me répète c’est justement parce que ma culotte pour fuites urinaires est vraiment très jolie. Non, elle n’est pas très jolie, excusez-moi, je me suis trompé. Elle n’est pas très jolie, elle est très, très jolie. Et peut-être même très, très, très jolie. Et retenez-moi, sinon, j’en ajoute encore des dizaines, des « très », quand je suis lancé, je suis capable de ne pas, de ne plus avoir de limites.

C’est d’ailleurs plus pour ça que j’utilise des culottes pour fuites urinaires (mais attention, que des très, très, très jolies, hein ?) parce que je n’ai aucune limite quand j’écris. Et en réalité, je détourne mes culottes de leur fonction première, c’est-à-dire que j’en mets toujours une quand je me mets devant le clavier de mon ordinateur. Parce que j’ai beau essayer d’écrire aussi vite que je pense, bien souvent, je me laisse déborder. Et mes idées postillonnent comme si j’avais des pertes. Et j’en ai !...

Alors, le mieux, c’est de me protéger. Parce que moi, les bavures, les éclaboussures, il n’y a pas que chez les autres, que ça me dérange, chez moi aussi. Quand c’est moi qui commence à fuir (même si ce n’est pas devant le danger ou l’adversité), ça me pose problème. Je n’aime pas quand je me sens tout timide… Non, je voulais dire tout humide. Vous voyez, ça y est, j’ai commencé à avoir de la fuite dans les idées, là, en écrivant ces quelques lignes probablement percées. Il faut que je m’éponge.

C’est vrai aussi que parfois, quand je m’emporte dans le flot des mots, je peux être sujet à quelques transpirations excessives pour peu que je me prenne au jeu de mes phrases. Et alors, c’est la raison pour laquelle je devrais toujours avec une serviette de bain à mes côtés mais j’ai trouvé que les culottes très, très, très jolies pour fuites urinaires faisaient très bien l’affaire. Que je peux qualifier dans le sac, du coup, à défaut d’être dans le sec. C’est tordu, tout ça, je vous le concède.

Enfin voilà, quoi, je mouille quand j’écris. Je mouille parce que j’écris avec ma sueur, avec mes larmes (de chagrin ou de rire), avec la buée que j’expire à chaque fois que je meurs un peu plus, jusqu’au jour où je n’aurais plus besoin de m’essuyer parce que pour le coup, je ne serai probablement vraiment plus en vie et alors là, je n’aurai plus besoin de mes très, très, très jolies culottes pour fuites urinaires. Il va donc falloir que je réfléchisse à qui je vais pouvoir les léguer, quand ça sera la fin.

* le 7 juillet dernier, justement