Oui, d’accord, je peux être une réincarnation de Pénélope mais je ne suis pas sûr que cette pauvre femme (un peu) délaissée ne soit vraiment celle à qui je ressemble, les jours de permanence du président. Parce que le président a des permanences, assez régulièrement et moi, normalement, ça ne me dérange pas (je peux même dire que je m’en fous un peu, beaucoup, passionnément…) mais là, cette fois, hier, je n’ai pas fait comme d’habitude, je n’ai pas couru dans les rues de la ville toute l’après-midi, non, je suis sagement resté enfermé chez moi, avec la porte-fenêtre de la terrasse grand-ouverte et j’ai vaqué à quelques occupations ménagères, à quelques rangements de livres et à quelques travaux d’écriture qui ne sont pas pour ce blog.

Je suis resté sagement chez moi et j’ai attendu que le temps passe même si le temps n’a pas besoin de moi pour passer. Bien souvent, il ne fait que passer, sans se préoccuper de moi. De nous. Des autres. Et comme Pénélope, j’ai eu des prétendants, pendant cette attente, d’hier après-midi. Il y a eu une dame qui m’a fait des propositions que je n’ai pas encore déclinées (je crois même que je vais les accepter mais pas trop vite, dans quelques jours, seulement) et j’espérais être courtisé par le petit prince mais lui, il a dû m’oublier en cours de route… Peut-être un problème mécanique avec son cheval… Même le patron m’a longuement appelé pour parler de tout et de rien. J’aurais pu succomber mais comme je ne suis pas un garçon facile…

Alors, après, je me suis dit que c’était peut-être un peu simple de jouer celui qui attend, de jouer à la femme de marin, de jouer au chien qui se désespère du retour de son maître mais non, je ne suis pas comme ça. J’ai profité du fait que le président n’était pas là pour avoir l’opportunité de me connecter sur Internet comme avant le 23 septembre, époque facile où nous n’étions pas en panne avec Pamplemousse, vous savez, le fournisseur de couleur orange… Parce que là, avec lui, le président, nous nous partageons un petit boîtier nomade, appelé Airbox mais comme nous ne pouvons pas être connectés en même temps… Nous vivons l’accès au Web en alternance. C’est pour ça que je me suis déguisé en Pénélope, hier, comme j’étais seul, histoire d’en profiter un peu.