J’avoue que quand j’ai entendu cette phrase à la radio, ce matin, dans une émission en hommage à Jacques Chirac, je me la suis répétée plusieurs dizaines de fois pour ne pas prendre le risque de l’oublier. Comme je partais faire des courses et que j’en avais pour au moins une heure et demi à deux heures avant de rentrer chez moi…

Que dire sur la disparition de ce grand homme d’état, peut-être le dernier président de cette catégorie-là. Peu m’importe qu’il ait pu être un magouilleur, je pense que c’était un homme qui aimait les gens et j’ai justement trouvé très bien ce qu’a dit Emmanuel Macron, hier soir en saluant un homme « que nous aimions autant qu'il nous aimait… »

Je ne vais pas jouer aux rendeurs d’hommage, d’autant que moi, quand j’en fais, ce sont souvent des compliments plutôt destinés à faire rire autant qu’à émouvoir mais j’avoue que la disparition de Jacques Chirac m’a touché, hier, quand je l’ai apprise. Je pense que nous avons tous méconnu la capacité intellectuelle de cet homme-là.

Cet homme-là qui pouvait rester discret sur certaines de ses passions. Il y avait un tiroir toujours fermé à clé dans chacun de ses bureaux. Et à quelqu’un qui lui a demandé ce qu’il cachait là, il a répondu, en toute spontanéité et en toute innocence : des livres de poésie. Il aimait jouer à la personne inculte et ça lui donne encore plus de grandeur.

« La poésie, avouait-il, est un courant d’air nécessaire pour l’esprit, surtout pour l’esprit politique. Il y a un moment où il faut savoir s’isoler, et le meilleur moyen de s’isoler, c’est de rêver ; et pour rêver, il n’y a rien de tel que la poésie. »... La poésie a perdu un de ses plus grands lecteurs et ça, c’est une nouvelle bien triste.