Je drague les gilets jaunes et casseurs réunis par Internet et quand ils tombent sous mon charme, quand je les ai attrapés dans mon filet, je le séduis physiquement et intellectuellement pour qu’ils ne puissent plus se passer de moi et je les amène à changer d’avis sur leur attitude depuis un an. Tous sont potentiellement capables de passer entre mes mains. Que ce soit des femmes ou des hommes, des jeunes ou des vieux, des chômeurs ou des actifs, je prends ce qui vient pour tenter de les convertir. Et si d’aventure je n’y parviens pas, je les séquestre. Et je les oublie. Ils ne manqueront qu’à eux-mêmes.

Je drague aussi les terroristes et syndicalistes intégristes sur les réseaux asociaux. Je suis un justicier. Je remplis ma mission. Une de mes missions. On m’a envoyé sur terre pour procéder à du nettoyage et toute personne qui aura une pensée un peu trop extrême sera attrapée par mes soins pour être mise en observation voire en prison afin de ne plus être capable de nuire. Afin de ne plus empêcher les autres de vivre, de voyager, de se déplacer, de s’instruire et de tout le reste aussi, quoi. Et si je ne réussis pas à les faire revenir dans un chemin un peu plus neutre, je les envoie dans les oubliettes avec ceux du paragraphe un.

Je couche avec les gens d’extrême gauche et ceux d’extrême droite. D’abord, pour une bonne raison : ce n’est pas parce qu’on n’est pas d’accord sur des idées qu’on ne peut pas baiser ensemble. Et ce n’est pas parce qu’on a des idées douteuses qu’on ne peut pas être un bon coup au lit. Quoique… Quoique… Enfin bref,  je couche dès le premier soir et ensuite, comme on tombe amoureux de moi, je fais du chantage : si tu m’aimes, reviens à des idées plus « normales », sinon, je disparais de ta vie et je ferai même pire : je coucherai avec un(e) collègue à toi. En général, ça marche. Enfin, si on veut.