Décidément, on vit une époque étrange voire bizarre. Et je dirais même étonnante. Et pas forcément dans le bon sens du terme parce que parfois, on peut être surpris d’une façon heureuse et joyeuse (comme un anniversaire) mais on peut aussi être estomaqué par quelque chose qui nous insupporte, qui nous dépasse ou nous met mal à l’aise. Et je trouve que cette invasion systématique de la musique partout, que ce soit dans les magasins, dans les restaurants ou dans les téléphones et autres lecteurs MP3 de n’importe quel quidam dans la rue, ça devient limite insupportable. Le pire ? C’est quand l’individu en question se croit obligé de nous en faire profiter en mettant le son suffisamment fort pour qu’on l’entend… pour qu’on le subisse. Et comme c’est bien souvent loin d’être du Verdi ou du Bach… Ni du Claude Bolling ou du Ella Fitzgerald et encore moins du Barbara ou du Jean Ferrat.

Hier matin, justement, j’ai été confronté à ces agressions sonores dès le tram pour aller en ville. J’avais cours de gym avec le coach à 10h mais je suis parti à 8h30 de chez moi car je devais aller récupérer un colis dans une consigne à côté du Monoprix, au centre St Christoly ; je devais déposer un chèque à cinq chiffres (mais avec une virgule à un endroit) dans mon agence bancaire et je devais passer chez le patron pour voir le courrier vu qu’il ne rentre que lundi prochain de Biscarrosse. Je sais bien que tous ces détails n’ont rien à voir avec le sujet de ce billet mais ça me fait quasiment un paragraphe d’écrit sans me prendre la tête. Ni le chou. Bref, dans le tram, le conducteur écoutait Aretha Franklin à fond la caisse et ça m’a empêché de lire. Et je me suis même dit que ça devait le déconcentrer mais surtout, que finalement, à 8h30, le matin, elle gueule plus qu’elle ne chante.

Et, tenez-vous bien, après le cours avec le coach, je vais dans les vestiaires, je m’occupe de ma petite affaire (je m’occupe de moi, je veux dire) et là, j’entends du rap. Pas très fort, au début mais progressivement de plus en plus. Et ça semblait venir des douches. Et, voulant en avoir le cœur net et le cul propre, je suis allé jeter une oreille et oui, il y avait bien quelqu’un qui venait de finir de se rincer et qui écoutait du rap tout en s’essuyant. Et il a continué en venant se rhabiller, devant son casier. Et ce n’était franchement pas top. J’ai détesté cette musique (qui en est vraiment ?) que je ne connaissais pas et qui m’était imposée comme une punition loin d’être divine. Mais quel est donc ce besoin de torturer les autres avec ses propres (dé)goûts musicaux ? Je pensais bêtement que la musique adoucissait les mœurs mais je pense qu’elle doit rendre (un peu) con, avant tout.