Déjà, la food attitude, c’est une expression qui m’agace un peu. C’est très à la mode de parler de fooding, de foodistas, de planète food et autres « conneries » qui ne parlent pas à tout le monde. D’abord, pour ceux qui ne connaîtraient pas ces expressions (il y en a), une petite explication : la food attitude, c’est l’attitude qu’on peut avoir par rapport à la food. Le fooding, c’est ce qu’on ressent au sujet de la food. Les foodistas, ce sont ceux qui pratiquent le fooding ou qui ont la food attitude. Et la planète food, c’est leur univers. À ces gens qui… Ces gens qui… À ces gens.

Finalement, ce sont des espèces de snobismes, toutes ces choses autour de la nourriture qu’on préfère appeler food car c’est plus tendance. J’espère juste que, au passage, on n’en arrive pas à oublier l’essence même de l’action de manger, équilibré et avec plaisir. Dans les choses qui sont très, très, très à la mode, depuis quelques temps, en France, c’est le fait de grignoter des insectes grillés à l’apéritif. C’est peut-être bien mais c’est surtout oublier que ça existe depuis toujours : l’être humain a toujours mangé des insectes. Ce n’est donc pas une nouveauté. Même si en France, oui.

On dit aussi que dans les dernières tendances, il faudrait manger paléo. Comme l’homme de Cro-Magnon dont la femme, paraît-il, était trop magnonne. Comment mangeait-il, cet homme préhistorique ? Sans sucre, sans produits laitiers et sans plat tout préparé. En gros, il mangeait surtout de la viande (et du poisson) et certains végétaux (non cultivés, donc, sauvages) et moi, je me demande si ce n’est pas un régime un peu trop carencé. Et en ces heures où on parle du bien-être animal, manger beaucoup, beaucoup, beaucoup de viande, ça c’est moins tendance.

Certains encore plus snobs veulent absolument en mettre plein la vue aux autres. Et ça, ça passe par le fait de citer ses sources, ses producteurs. Quand un restaurant vous signale qu’il achète ses poissons chez Char-lotte à l’Américaine, ses viandes chez Richard Al et ses fruits et légumes chez Cerise de chez Groupama, ça fait surtout catalogue de vente chez les producteurs. Peut-être est-ce simplement possible de préparer des produits locaux, de saison et juste signaler ça, quand c’est totalement vrai, sans en faire des tonnes et des tonnes avec des noms soit disant prestigieux.

Enfin, je voudrais parler de certains sectaires voire intégristes mais pas des vegan ni des antispécistes, non, je vais évoquer ceux, moins connus qui se sont fait comme religion de bannir intégralement le sucre de leur alimentation. Ça signifie, pour eux, de ne plus manger de fruits (ils s’interdisent même le sucre naturel) et de supprimer certains légumes sans oublier, les desserts, les friandises (le chocolat, par exemple) et tout et tout. Je me demande comment ils vont s’en sortir avec régime aussi carencé. Est-ce que ces tendances de fooding ne cachent pas une misère intellectuelle ?