Des italiens qui mangent italien, ça semble tout à fait normal, surtout quand on connaît la cuisine de la botte, une des meilleures du monde et c’est moi, français 100% pur jus qui le dis, alors, on peut me croire. Mais des italiens qui font leur liste de courses en italien, ici, à Bordeaux, ça me semble bien plus rare même si je n’ai pas la connaissance infuse et même si c’est le hasard qui m’a mis en face d’un bout de papier abandonné dans un caddie de supermarché, au Lac, pas très loin de chez moi.

Et contre aucune attente, la personne qui a rédigé cette liste de courses, dans une écriture très stylisée, n’a rien marqué en français, c’est uniquement dans la langue de Shakespeare s’il avait été italien. Et cette personne fait comme moi, elle indique les plats principaux des repas sur plusieurs jours et elle fait sa liste en fonction de ça, ce qui reste le meilleur moyen de ne pas acheter tout et n’importe quoi car là, tout est verrouillé, bordé, contrôlé. Elle et moi, nous tenons la vérité.

Vendredi dernier, cette personne a prévu de faire des involtini primavera. Et moi, tout de suite, j’ai bien sûr pensé à des pâtes. Normal, des pâtes pour des italiens. Ça fait un peu cliché mais bon, il n’y a pas de mal à cela. Et, comme j’aime beaucoup faire la cuisine, j’ai cherché sur Internet ce que ça pouvait être : le genre de pâtes, leur accompagnement et tout et tout. Eh bien, figurez-vous que ce n’est pas du tout un plat italien mais un plat asiatique. Tout fout le camp, messieurs-mesdames !

Non, il semble que ça soit des nems, également appelés rouleaux de printemps alors que pour moi, ce n’est pas la même chose mais on ne va pas chipolater… chipoter pour si peu. Bon, heureusement, le dessert de vendredi dernier, c’était un fiadone au mascarpone, une espèce de cheese-cake d’origine corse à la mode ritale. Bon, samedi, cette fois, la personne avait prévu des tagliatelle à la pancetta et là, je n’ai pas besoin d’aller chercher la recette pour savoir que j’aime ça.

Dimanche, hier, donc, je n’ai pas très bien compris ce qui était écrit sur la liste : mozzarella in carrotta. Eh après avoir fouillé sur le Web, j’ai découvert que c’étaient des beignets de mozzarella, donc, mozzarella in carrozza et non pas in carrotta. Franchement ? La personne aurait pu avoir une écriture moins originale mais nettement plus lisible car déjà que je ne parle pas l’italien, alors pour le déchiffrer, ce n’est pas chose aisée. C’est bon, là, je peux jeter le bout de papier que j’avais ramassé ?