Aujourd’hui, et même depuis hier soir, pour être franc, j’ai pris du retard sur le temps qui passe. Parce que je me suis laissé déborder par mes émotions, hier ; parce que j’ai beaucoup bu, uniquement du champagne mais bon, peu importe le flacon, il était question d’ivresse et franchement, je n’en suis pas fier car outre que ça m’a beaucoup fatigué (je tombais de sommeil, hier soir, juste après dîner), ça m’a donné mal à la tête et chez moi, qui dit mal à la tête, dit mal de vivre et vague à l’âme. Du mal à dormir sereinement, du mal à me lever, à 6h, alors que j’aurais pu traîner mais je me suis dit que comme pénitence, je ne devais pas rester couché, ça ne m’apporterait rien de bon, ça ne me servirait à rien. Non, rien de rien. Et moi, est-ce que j’ai quelques regrets ? Peut-être. Pas d’avoir bu car j’étais en bonne compagnie mais parce que j’ai bu et que ça ne me réussit pas.

Alors, ce matin, malgré le fait que je me sois levé tôt, très tôt, même, j’ai eu l’impression d’avoir pris du retard sur le temps qui passe car j’ai probablement raté quelques mouches du coche, je n’ai pas été aussi rapide ni efficace qu’en temps normal. C’est vrai, aussi, que je n’ai pas l’habitude de faire mes courses le samedi matin avec les gens qui travaillent, en semaine mais là, je n’avais pas le choix et ça ne m’a pas plu, d’être là, avec eux, au même endroit qu’eux et je ne savais plus comment m’y prendre. J’ai perdu du temps alors que j’avais fait une liste. Je n’avais ni la tête, ni le cœur à faire des achats alimentaires. J’avais une envie et une seule : aller me retrouver quelque part où j’aurais été seul et où j’aurais pu me laisser aller à repenser à ces bons moments partagés. Sentir les souvenirs. Visionner de nouveau les images comme une émission en replay. Encore et encore et encore.

Ce sont déjà des souvenirs, ces instants vécus ensemble. Ce repas en terrasse et en toute amitié. Des souvenirs à chérir. Des souvenirs que j’ai envie de renifler comme du poppers histoire de m’en griser. À la place de ça, je me suis grisé avec des vapeurs de champagnes, de centaines et de centaines de bulles et là, je me dis, je me demande si je n’aurais pas pu faire un peu attention. Bon, les choses sont faites et il faut vivre avec. Il n’empêche que je pense vraiment qu’aujourd’hui, lendemain de fête, je me rends compte que je prends du retard sur le temps qui passe. J’ai baissé ma garde. Je n’ai pas été attentif ni prudent. Et lui, le temps qui passe, m’a attrapé par derrière et aujourd’hui, je le paie. Demain, je le sais déjà, j’aurai la gueule de bois de l’âge qui avance. Normal, je suis un presque soixante ans d’âge, alors forcément, me boire tout seul, ça va forcément me donner le tournis.