Peut-être n’est-ce qu’une illusion, peut-être n’a-t-il pas vraiment plu, cette nuit ou ce matin, à l’aube, à l’heure où blanchissent les campagnes… Probablement qu’il n’est tombé que trois gouttes. Certainement un nuage qui a fait pipi et qui était trop pressé pour bien se secouer après sa miction. En tout cas, pas de quoi affoler les foules ni la nature. Ou plutôt si, il y a de quoi inquiéter la nature qui a soif et plus souvent qu’à son tour, depuis quelques temps.

Peut-être n’ai-je pas raison (sans avoir tout à fait tort) dans nombre de mes certitudes et encore, je ne parle pas de mes doutes. Peut-être que si je m’y mettais, je pourrais faire plein d’efforts et réussir tout ou partie de ce que je n’ai jamais vraiment eu le courage d’entreprendre. Peut-être suis-je un peu fumiste sur les bords, à peine, juste quand il bruine et que je n’aime pas ça. Parce que ça me met devant mes propres incapacités. Devant mes propres carences.

Peut-être que ce qu’il est tombé entre hier soir et ce matin, ça n’aura pas suffi pour arroser les plantes de la terrasse et que le président, bien mal fichu, aujourd’hui, sera obligé de remplir sa douzaine d’arrosoirs pour qu’elles ne souffrent pas de ce temps lourdaud, pataud voire pachydermique. Et ça n’arrangera pas les affaires de la planète, ça, autant de chantepleures. Je sais, ce mot ne sert pas pour les jardins mais aujourd’hui, oui.

Peut-être que malgré moi, bien malgré moi, je vais savoir ce qui va suivre dans cette phrase. La seule conviction que j’avais de moi, c’en était le début : peut-être. Car pour moi, peut-être, c’est la seule assurance voire la seule assurance-vie que j’ai pour le futur. Un peu comme un parapluie ou un parasol. J’aurais peut-être préféré un parachute doré même si je préfère nettement la couleur argentée à celle des lingots. On ne choisit pas tout.

Peut-être que dans la journée, il tombera vraiment de l’eau, de l’eau de pluie, de l’eau de là-haut et ça rafraîchira l’atmosphère et certains esprits, peut-être les plus simples mais aussi les autres. Parce que quoiqu’il m’arrive, quoiqu’il puisse m’arriver, je ne saurai jamais tout à fait vraiment ce que j’aurais préféré entre l’un ou l’autre, entre le yin et le yang, entre la pluie et le beau temps. Je dois avoir un esprit de contradiction. Simple. Ou pas.