Mais t’es pas là, mais t’es où, pas là, pas là… Oui, je ne suis pas là, une nouvelle fois. Je suis encore absent. Mais mon absence ne brille pas par sa présence. En réalité (et même si ça me fait un peu – beaucoup – mal de le constater, quand je ne suis pas là, personne ne s’en rend compte – donc, quand je suis là, ça doit être un peu pareil – je dois faire partie des meubles, on me voit peut-être mais on ne me regarde plus – on m’entend mais on ne m’écoute plus) ((ça, c’est de la parenthèse !))

Mais t’es pas là, mais t’es où, pas là, pas là… Eh bien oui, cette année, j’en profite. Comme j’avais du temps, je me suis permis d’aller souvent à Biscarrosse. Parce que ça n’est pas si loin que ça, pas loin, mais pas si loin que ça, pas loin, pas loin (je sais, ça, ça ne fait pas partie de la chanson de Vianney) et parce que ça me fait du bien, ça me sort de ma routine bordelaise d’aller en vivre une autre là-bas. Une autre forme de routine. Mais une routine avec des palmiers et une piscine au bout de la terrasse.

Mais t’es pas là, mais t’es où, pas là, pas là… Je ne sais pas si je vais continuer d’y aller comme ça jusqu’à ce que mort s’ensuive mais je ne pense pas, non. Je crois que je vais seulement le faire tant que les chiens ne rentreront pas à Bordeaux. Et tant que le patron non plus. Et ça me permet de vivre un peu autrement. Avec des promenades et, malgré tout, moins de stress vu que j’ai plus de temps libre là-bas, qu’ici, plus de temps libre là-bas, qu’ici, là-bas, là-bas (oui, pareil que tout à l’heure !)

Mais t’es pas là, mais t’es où, pas là, pas là… Cette fois, je suis parti depuis mercredi matin, nous étions cinq dans la voiture : quatre dans le coffres et moi au volant et nous avons fait un bon voyage mais ce n’était rien à côté de ce qui attendait mes quatre co-voyageurs. Je les ai faits cuire dès que je suis arrivé parce qu’il le fallait bien. Il fallait bien que je me débarrasse de leur corps. Paix à leur âme, à ces quatre homards que j’ai tués. À coups d’eau bouillante parfumée de légumes et d’aromates.

Mais t’es pas là, mais t’es où, pas là, pas là… Je ne vais jamais assister à quelque corrida que ce soit mais je suis capable de tuer des homards en les plongeant dans un court-bouillon. Suis-je alors un monstre au même titre qu’un torero ou un afficionado ? Moi, c’est juste pour le plaisir de les faire cuire car je n’en mange pas. Alors oui, je suis un monstre. Mais je ne fais qu’obéir aux ordres de mon patron. Et uniquement quand je suis à Biscarrosse. Sinon, non. Vu que je n’en mange pas, moi.