En me lançant son défi d’écrire un texte sans aucune lettre qui dépasse, Philippe (l’autre) a créé en moi non seulement un désir de le faire mais surtout, une espèce d’obsession. Même après avoir écrit un premier texte dont je n’étais pas très content, j’ai réécrit l’Ode à Cassandre, de Ronsard, un de mes poèmes préférés et j’avoue que pour ce dernier, j’étais assez content de moi car même si on ne peut pas forcément reconnaître de dont il s’agit à la lecture, si on l’écoute récité par quelqu’un, à voix haute, je pense qu’on y retrouve la musicalité du poème original. Et pour ça, je me remercie et je me félicite. Si je ne le fais pas… Désolé, deux d’entre vous m’ont applaudi. C’est peu mais sachez, vous deux, que c’est déjà beaucoup pour moi.

Là, aujourd’hui, je viens de terminer la réécriture d’une chanson très célèbre, qui a fait le tour du monde et ce, depuis cinquante ans. Je ne vais pas publier le résultat de mon travail dans ces colonnes car je pense que mes obsessions peuvent éventuellement énerver celles et ceux qui n’en ont finalement rien à cirer. On attend peut-être autre chose de moi. Alors, je le tiens bien au chaud. Je la tiens bien au chaud, cette chanson que je viens de reprendre sans rien qui dépasse. Je peux juste vous en donner le titre remanié : Comme une manie. Rien à voir avec Les rois mages (vous vous souvenez ?  Comme les rois mages, en Galilée… qui ont découvert que la terre était ronde et ça, on ne le sait pas toujours, donc, rendons à César ce qui lui appartient !...)

Donc, Comme une manie, je pourrais éventuellement l’enregistrer si je trouve une bande-son ou un orchestre qui veut bien jouer pour moi. Et si je trouve un micro. Pas un microordinateur, non, un microphone. Pour parler dedans. Parce que je ne vais pas faire de play-back, quand même. Pas à mon âge. Oui, parce que je vais avoir 60 ans et ça, ça n’est pas rien. Alors, dorénavant, je ferai toujours tout en direct live. Et même si vous n’insistez pas, sachez que je vais continuer de réécrire des grands textes (peut-on même sur la même échelle de valeur l’Ode à Cassandre et Comme une manie ? La question mérite d’être posée…) rien que parce que c’est tout à fait le genre de travail littéraire qui m’excite. Ma libido textuelle est en pleine ébullition quand je fais ce genre de choses tout seul, dans mon coin.