(version sans lettre qui dépasse)

armonieuse, va voir si rose arrivée en aurore

a conservé ses mises carmines même ce soir

ses mises carmines sous une nova nacrée, irisée

aux manies sinueuses à son écorce souveraine

n’aura crevé au maximum en sa soirée

ses nuances à vous-même non inverses

 

crevé ! vois comme en une once à venir

armonieuse, rose a, en ces environs,

ses communions remisées aux ramassis

ô, au vrai, mauvaise mère essence même

car, comme une si neuve rose ne se conserve

avec une aurore mais rien encore au soir

 

ou si vous m’en reconnaissiez, armonieuse

comme vous avez une saison ornée

en son encore nouveau cœur à cran

saisissez, saisissez vos novices saisons

comme à une écume ruineuse au soir

aura saisi comme une ivraie vos saveurs

moi

 

(na !)

 

(version originale)

Mignonne, allons voir si la rose

Qui ce matin avait déclose

Sa robe de pourpre au soleil,

A point perdu cette vesprée,

Les plis de sa robe pourprée,

Et son teint au vôtre pareil.

 

Las ! Voyez comme en peu d’espace,

Mignonne, elle a dessus la place

Las, las ses beautés laissé choir

Ô vraiment marâtre Nature,

Puis qu’une telle fleur ne dure

Que du matin jusques au soir !

 

Donc, si vous me croyez, mignonne,

Tandis que votre âge fleuronne

En sa plus verte nouveauté,

Cueillez, cueillez votre jeunesse :

Comme à cette fleur la vieillesse

Fera ternir votre beauté.

Ronsard

 

Et toc !