Finalement, le samedi s’est mieux passé que prévu et je me dis que de deux choses l’une : soit j’avais mal interprété les signes avant-coureurs d’hier matin, soit j’ai dû perdre une partie de mes pouvoirs magiques : ceux qui me permettent de deviner que quelque chose de pas drôle va se passer. Comme si je pouvais anticiper les drames, qu’ils soient mélo ou non. Qu’ils soient psycho ou non. Qu’ils soient pic-et-pic et cholé ou non.

Ça doit être la vue d’un ciel encore plus brouillé que moi, quand je me lève et que tout semble bien foncé. D’accord, il ne peut pas faire jour à 5h40 un 10 août alors que le soleil ne devait pas se lever avant 6h58 (environ) mais moi, comme je suis matutinal, je sais d’expérience qu’on peut très rapidement deviner si le ciel sera bleu ou pas, même s’il ne fait pas encore jour. Il y a quelque chose de plus léger dans un cas. Mais pas dans l’autre.

C’était mon seul pouvoir magique : être capable de faire la grenouille quand je me lève et prédire la météo du jour. Et pas seulement la météo mais aussi les événements qui peuvent aller avec. Et en même temps que j’écris tout ça, je regarde mes cuisses, vu que je ne porte qu’un caleçon flottant (en bas) et je me dis que ma foi, peut-être qu’il a raison, Carlos, mon coach de sport, j’ai des muscles profonds qui se voient. Je n’en reviens pas.

Lundi matin, je ferai plus attention à savoir si je peux continuer de prédire ce qui va se passer dans la journée rien qu’en regardant dehors, quand je sors du lit. Quand je ne vois rien sauf si j’allume l’éclairage de la terrasse. Mais j’ai oublié de préciser qu’il y a quand même un point sur lequel je ne me suis pas trompé, ces jours derniers : ceux-ci ont commencé à raccourcir et ça, ça reste malgré tout un super pouvoir.

Ça reste un super pouvoir car tout le monde ne peut pas s’en rendre compte. Pour ça, il ne faut pas dormir jusqu’à des heures plutôt indues. Il faut savoir sortir du sommeil avant tout le monde et profiter du temps qui s’offre, alors, calme et tranquille, la plupart du temps. Moi, à chaque aube, je suis un peu le maître du monde. Je peux décider de tout. Mais comme ma mansuétude me perdra, je ne cherche jamais à faire de mal.