Nous sommes sur le pont, moi et mon égo, en attendant qu’on nous autorise à davigner. Je suis rentré hier soir, de Biscarrosse et là, je retrouve mes habitudes de bordelais, sans piscine au pied de la terrasse quand je suis dans le séjour et sans chiens pour me permettre de retrouver mes treize ans, comme à chaque fois que je joue avec eux. Je retrouve les corvées inhérentes à mes us et coutumes quotidiens dont les courses du lundi matin. Et tout à l’heure, je retrouverai mon fauteuil relax sur la terrasse pour un moment de tranquillité et de quiétude (j’espère) la tête à l’ombre et les pieds au soleil. Et au milieu de tout ça, ne coulera aucune rivière même si je suis sur le pont.

Nous sommes sur le pont, mon égo et moi, en attendant qu’on nous autorise à davigner. Pardon ? Vous ne savez pas ce que signifie le verbe davigner ? C’est normal, c’est comme pour l’adverbe immondément, que j’ai inventé hier, dans le billet du même nom (le billet d’hier, en fait, d’où le fait que je précise qu’il est du même nom, comme Aga), j’invente des mots pour toucher des droits d’auteur à chaque fois que d’autres les utiliseront à l’oral ou à l’écrit. Davigner, on va dire que ça signifie danser mais pas danser comme on voit partout, non, danser d’une façon moins structurée, un peu n’importe comment, comme bien des pensées quand elles se bousculent aux portillons.

Nous sommes sur le pont, moi et mes égos (oui, le pluriel est justifié) en attendant qu’on nous autorise à davigner car nous avons les pieds qui s’impatientent. Dès que nous nous dirons : « Si nous sommes sur le pont, davignons ! », nous davignerons. Et nous en serons fort aise. Et moi, ça m’aura permis de pondre trois paragraphes sur un sujet qui tiendrait sur un fil à couper le beurre. Ou sur celui pour couper les cheveux en quatre. Ou sur le fil à enculer les mouches. Ça aussi, je vais l’inventer et déposer le brevet, on ne sait jamais, ça peut probablement rapporter gros vu le nombre de gens potentiellement concernés. Allez, je crois que pour aujourd’hui, that’s all folks.