Les nombreuses réactions enthousiastes suite à la parution de mon premier (et dernier ?) épisode de Nora va aux camions, sans aucune lettre qui dépasse (exceptés les majuscules, les accents et la ponctuation) me rendent un peu sceptiques et ce, pour deux raisons : j’aurais aimé que la foule se lève et me fasse une ovation digne de ce nom et que mon professeur ne me donne pas sa propre version des faits qui n’a rien à voir avec mon propre travail. Bien sûr, l’élève ne peut décemment pas dépasser le maître mais néanmoins, ça m’a foutu un choc. Avec mes propos souvent surréalistes (on voit les restes d’un ancien faiseur de poèmes libres dans mon texte) et mon manque de sens, je suis devenu subitement jaloux : pourquoi lui et pourquoi pas moi ? Pourquoi tant d’injustice ? Pourquoi tant de haine dans le mot non-interventionniste ? C’est vrai ça, personne n’a jamais su répondre à cette question.

Bon, d’accord, je lui tire mon chapeau-bas et pas la langue même si je suis capable de hausser les épaules mais pas le ton dès qu’il aura le dos tourné. Et ma foi, il me faut savoir être un bon perdant sinon, plus personne ne voudra jamais jouer avec moi. J’avoue aussi que j’aurais pu faire un effort et travailler un peu plus, un peu mieux mon texte mais je me suis donné plein de circonstances atténuantes parce que je suis capable d’une mauvaise foi digne du livre des records. En tout cas, merci Philippe de m’avoir permis de faire ce texte, ça m’a excité intellectuellement et ça m’a enthousiasmé, réjoui et tout ce genre de choses. Maintenant, je laisse place à la publication des réactions les plus remarquables, non sans avoir précisé au préalable que j’essaie d’écrire la veille et de programmer mes publications pour le lendemain. D’où, très souvent, l’heure très matinale qui apparaît en bas de mes billets.

Madame mère : « C’est mon fils qui a fait ça, oui, c’est mon fils qui a fait ça, je n’ai pas tout compris mais je suis fière de lui. Je l’ai toujours soutenu et j’ai toujours su qu’il était capable de grandes choses… » / Emmanuel Macron : « En même temps, donner un tel exercice à quelqu’un qui aime les mots et les lettres plus que les chiffres, c’est un peu comme de le mettre en premier de cordée, c’est bien mais le plus dur, c’est pour les autres… » Sheila : « Comme les rois mages, en Galilée, je suivrai Stéphane là où il ira, jusqu’à destinatioooon… » Chouchou : « Et moi, qu’est-ce que je deviens dans tout ça ? Ça fait longtemps qu’on n’a pas parlé de moi ! » Georges Perek : « Nous vivants, nous applaudissons Staiphan à moult battoirs, à moult mains. Bravo à lui. Bravo Staiphan, nous avons un grand transport pour vous car nous nous voyons satisfaits. Dans tout cas, bravo plus bravo font bravissimo ! »*

* Cette dernière phrase aurait pu figurer dans le livre « La disparition »de son homonyme, Georges Perec.