Un petit jet d’eau, une station de métro entourée de bistrots… Un petit blouson de soie sur le dos parce qu’il ne fait pas très chaud, ce matin et qu’avec mon petit débardeur bleu, j’avais froid et quand j’ai froid, ça va de soie, j’enfile ce blouson qui date du siècle dernier, qui est léger et tout et tout.

Grands magasins, ateliers de rapins, restaurants pour rupins… Un mug blanc à côté de moi, sur ma main gauche, quasiment vide de café froid, celui de la veille, que j’avais mis de côté et le disque d’Eddy de Pretto par-dessus celui de Depardieu chantant Barbara, ça, c’est la partie émergée de l’iceberg.

Hôtels meublés, discrètement éclairés où l’on ne fait que passer… À ma droite, il y a la lampe, le petit ventilateur de bureau et un pot à crayons plein de stylos dont un Mont-Blanc, goût de l’écriture oblige mais ce n’est pas tout : également, un tube de colocynthis 7ch qui ne sera désormais plus remboursé.

Et vers minuit, un refrain qui s’enfuit d’une boîte de nuit… Bien sûr, autour de moi, c’est toujours un peu le bazar, c’est comme dans ma tête parce que je fais toujours plusieurs choses à la fois et je pense toujours à plein de choses en même temps. Une hyperactivité, un stress permanent et pas souvent du repos.

Girls et mannequins, gitans aux yeux malins qui lisent dans les mains… Entre temps, malgré l’heure matinale, le patron vient d’appeler, j’en ai profité pour remplir mon mug. Des tickets de carte bancaire qui s’accumulent (je n’ai pas fait mes comptes depuis mon retour de « vacances », pour ça, j’ai le temps.)

Clochards, camelots, tenanciers de bistrots, trafiquants de coco… Une éphéméride au bout de la coiffeuse en bois qui me sert de bureau, un cadeau de mes collègues pour mon anniversaire, l’an dernier. Deux souris dont une seule. Un paquet de Kleenex entamé car on ne sait jamais et une pile de papiers.

Un petit jet d’eau, une station de métro entourée de bistrots… Une feuille de bloc-notes détachée des autres sur laquelle on peut lire plein de choses rapidement et mal écrites. C’est mon univers. Que ce soit le matin ou le soir, c’est toujours le même. Je ne m’y retrouve pas toujours mais c’est mon univers.