Bon, comme prévu, il a plu et dans « il a plu », il n’y a pas un seul « e », c’est déjà un bon début si on me demande d’écrire un texte sans la voyelle la plus utilisée dans la langue française. Mais ce n’est pas ce qu’on attend de moi avec le jeu « cap-pas cap » (encore une fois, pas une seule lettre « e »), n’est-ce pas « mon cher Philippe » (et là, pas une seule fois la lettre « a ») ? Parce que moi, si on me demande d’écrire une histoire en éliminant une ou plusieurs lettres, je suis cap. « Je suis juste plus lent à la détente (cette fois, pas une seule lettre « o ») et j’en veux pour preuve que dans ce blog, j’ai déjà écrit un texte entier sans la lettre « o », justement et un autre, dans lequel chaque paragraphe avait une élision particulière. Ça m’avait pris comme ça. Personne ne m’avait lancé de défi, alors, c’était plus facile.

Là, ça s’est nettement plus compliqué parce qu’on m’impose de ne pas utiliser douze de nos vingt-six lettres. Déjà, j’aurais nettement préféré qu’on m’en retire ou qu’on m’en autorise un nombre impair mais je vois que mes propres désirs n’ont pas voix au chapitre (depuis le début de ce paragraphe, il n’y a aucun « y » sauf entre ces deux parenthèses qui comptent pour du beurre…) et tout ce que j’écris, aujourd’hui, c’est juste du remplissage pour gagner un peu de temps. Histoire de ne pas courir dans « le même sens » (que des «e ») « que tout le monde » (pas de « a » et pas de « i ») et histoire de ne pas me mettre plus de pression que ça, j’en subis déjà suffisamment comme ça tous les jours, ce n’est pas la peine d’en rajouter comme disait monsieur Maxwell, qualité filtre. Et c’est là qu’est tout mon talent : de parler de café maintenant.

Bien sûr que Georges n’a pas mis que 24 heures pour écrire les Revenentes ni trois mois pour la Disparition, certes et oui, da. Cependant, je précise que ce Georges-là, c’est Perec, pas Clooney. Je pense que la plus grosse différence entre les deux, c’est que le premier n’a jamais fait de publicité pour aucune marque de café (à l’époque de son vivant, les dosettes n’existaient pas encore !) et notre Georges, le Perec, bien sûr qu’il a commis deux exploits mais je dois reconnaître que c’était un peu au détriment du sens, je n’ai d’ailleurs aucun souvenir du fond des deux livres en question. Et moi, pour l’instant, je n’ai que des bouts de phrases que je ne sais pas encore mettre en ordre pour qu’il y ait un minimum de sens. Je pense que je ne ferai donc jamais mieux que Jo (qui n’a rien à voir avec le mari de Jo Perec)…