On nous annonce de la pluie pour demain. À l’heure où j’écris ce billet, nous sommes jeudi et à l’heure où il sera publié, nous serons vendredi. Et il devrait donc pleuvoir. Si seulement ça pouvait être vrai. Même ne serait-ce qu’un tout petit peu vrai. Je ne demande pas une totale vérité mais une partielle. Même avec un faible pourcentage. Comme les matières grasses des produits allégés. Parce que moi, je peux le dire haut et fort, j’en ai un peu assez de ne plus pouvoir respirer autrement qu’en transpirant. Je suis tellement en sueur que je me sens comme si je sortais d’une compétition de natation alors que là, c’est sûr, ce n’est pas mon genre. Je dis que là, c’est sûr, parce que dans le billet du 25 juillet, ma mère a émis quelques doutes sur ce qui pouvait être le mien. De genre.

J’avoue avoir eu un mouvement de faiblesse, jeudi et j’ai fait quelques chose que je n’avais jamais fait et même encore plus que ça : je n’y avais jamais pensé. Non, ça ne m’avait jamais effleuré l’esprit. Ni effleuré, ni défloré. Je l’ai encore un peu vierge. Il reste des zones encore inoccupées, jamais pénétrées, dans mon crâne. Mon cerveau fait de la résistance et tant pis si parfois l’eau bout. C’est que m’a dit Fabienne, mardi, quand elle s’est occupée de me magnétiser. Elle a trouvé ma tête en ébullition et ça n’avait rien à voir avec la canicule. Bien sûr que non, le fait est que j’ai toujours été (un peu) hyperactif, que je le suis encore et que je le resterai jusqu’à la fin. Et je crois même qu’une fois mort, au moment de la crémation, je serai capable de courir vers les flammes.

Et justement, à propos de flammes, aujourd’hui vendredi, on est censé pleuvoir. Et on sait que ça ne suffira pas pour rétablir un ordre juste autour de nous, que ce soit dans les villes ou à la campagne. J’aimerais juste savoir si ça suffira pour nous redonner l’envie de dormir (à peu près) normalement. Et, une fois les orages passés, de retrouver le plaisir de prendre des repas dehors, de sortir lire sur la terrasse, d’y faire même une (petite) sieste. Bref, de revivre a minima, quoi. Et de pouvoir respirer un peu plus librement. Avec la pluie, une certaine vie va renaître de ses presque cendres. J’écris ce billet jeudi mais je vais le terminer au présent : j’espère qu’on va se sentir mieux. Et que personne ne va trouver à y redire. Parce que je ne suis pas d’humeur à entendre : « Oh, putain, il pleut ! »