Monsieur le professeur, je sais que je n’ai pas à intervenir dans la vie privée et même publique de mon fils mais là, il fallait que je vous écrive pour vous demander un sursis (avoir un sursis)… En effet, mon fils, à qui vous avez donné un devoir de vacances à réaliser, n’a pas pour habitude de se défiler, même le 14 juillet. Et malgré la difficulté de ce que vous lui avez imposé, il a commencé le travail attendu mais il ne pensait pas transpirer autant pour arriver à ses fins (arriver à son issue) et la canicule environnante n’arrange évidemment rien, vous pourrez aisément le comprendre puisque vous-même, vous devez les subir ces grosses chaleurs. Vous les sentez bien, ces grosses chaleurs, dites-moi, monsieur le professeur ? (Vous les sentez, ces énormes verves ?)

Qui plus est, mon fils, mon fils travailleur acharné et plein de talent, a été pas mal occupé, ces dix derniers jours car il est venu nous voir, mon mari et moi avant de nous emmener en vacances à Biscarrosse et de nous ramener chez nous. Vous comprenez, c’est un bon fils, il a pris soin de ses (vieux) parents pendant que c’était la canicule au lieu de les laisser fondre à vue d’œil chez eux. Donc, monsieur le professeur, si je vous écris cette lettre, c’est pour que ça fasse comme un mot d’excuse. Mon fils m’a dit que ce n’était pas la peine que je le fasse ce courrier mais moi, oui. Je pense que c’est important pour que vous ne pensiez pas qu’il n’en a rien à faire. Ce n’est pas son genre. Je ne sais pas quel est son genre exact, mais pas celui-ci, ça, c’est sûr.

Ne faites pas attention aux mots ou morceaux de phrases en italique, mon fils est tellement obsédé par votre demande de texte sans aucune lettre qui dépasse, qu’il a pris l’habitude de souligner tout ce qui s’y rapporte, dans les magazines et dans les papiers qui traînent à la maison. À ma maison. Sachez également, monsieur le professeur, que vous l’avez particulièrement excité avec le devoir que vous lui avez demandé de faire. Il n’arrête pas d’en parler autour de lui et je me demande s’il n’y pense pas aussi un peu la nuit. Mais là, je ne peux jurer de rien, nous ne dormons plus ensemble depuis si longtemps. Voilà, chez monsieur le professeur, j’espère que vous tiendrez compte des inquiétudes d’une mère face à un de ses fils, un peu abattu de ne pas pouvoir aller plus vite que ça.