Il ne faut pas se leurrer, le texte qu’on attend de moi ne sera pas pondu avant trois jours, encore. Ce n’est qu’une estimation, si ça se trouve, il sera prêt à être publié dans deux jours (ou dans quatre) mais je voudrais juste rappeler que je ne suis pas une machine, que derrière mes mots, il y a un cœur qui bat, qui transpire ( ?), qui s’essouffle, parfois et qui… Non, ça va comme ça. Je voudrais juste mettre les choses au point sur les i, je ne suis pas une machine à écrire, donc. Non, c’est ma pensée, pas toujours canalisée et mes doigts qui font tout le boulot. Moi, je me contente d’être devant l’écran de mon ordinateur et de laisser les choses aller, je contrôle juste deux ou trois choses, je fais des prélèvements pour voir si l’orthographe tient à la route et encore, je ne suis pas infaillible même si j’ai tendance à vouloir le faire croire. Il n’empêche que… Il n’empêche que… Il n’empêche que…

Il n’empêche que (4ème fois), j’aime les contraintes dans l’écriture et même dans la littérature (je ne suis pas un fan d’Oulipo depuis 40 ans pour rien) et j’aime écrire (parfois ou souvent pour ne rien dire) mais entre écrire avec une espèce de totale liberté, ça n’a rien à voir avec un devoir qu’on vous impose : que ce soit dans le fond (un sujet) ou dans la forme (une exclusion de certaines lettres – hommage à Georges Perec, comme il se doit.) Là, j’ai le devoir de faire les choses avec une certaine application tout en gardant une certaine fantaisie qui, sans quoi, ne me ressemblerait pas. Là, pour ne rien vous cacher, j’ai déjà avancé, j’ai déjà fait des phrases, certaines très cohérentes, d’autres moins mais je n’ai pas de fil conducteur. J’ai déjà le personnage principal, qui s’appelle Nora. Mais j’en ai déjà trop dit, je ferais mieux d’apprendre à me taire au lieu de divulguer de tels secrets.

Je ne peux cacher que derrière la contrainte, il y a du plaisir. Un peu comme si j’étais quelqu’un adepte du masochisme : qu’on me fasse (un peu) souffrir pour que j’y trouve mon compte. C’est exactement ça. On m’a imposé une règle et je vais m’y tenir. Ce qui me dérange le plus, c’est d’arriver à satisfaire mon maître et de donner un sens (un certain sens ou un sens certain) à quelque chose qui va sortir de mon esprit en ébullition. D’autant que je suis parfaitement capable de justifier toutes les premières incohérences de sens avec une mauvaise foi plus qu’évidente. Mais ne mettons pas la charrue devant l’hôpital… Non, ne faisons pas la charité aux bœufs… Non, tant va la cruche à l’eau de la claire fontaine… Non, je me suis trop baigné et à la fin, je me suis cassé… Non plus… Enfin bref, quoi, vous avez compris le fond de ma pensée. Et quand je dis le fond, c’est vraiment le fond.