Monsieur, j’ai bien reçu votre mise en demeure et votre lancement de défi et sachez que vous ne m’impressionnez pas avec votre résultat de sept mètres quarante-huit. Vous ne m’impressionnez pas, d’une part parce que moi aussi, je peux lancer des défis aussi loin que vous et parce que je sais surtout les rattraper au vol et ça, ça n’est pas permis à tout le monde. Alors, oui, j’ai bien reçu votre cap-pas cap et ça tombe bien parce que le week-end dernier, j’étais chez mes parents et j’ai justement offert un jeu de cartes à mon neveu Louis, un jeu de cap-pas cap qui m’a permis de me rendre compte que je n’étais pas si mauvais que ça, dans ce genre de choses. Même à l’aveugle. Et même si ça m’a fait tomber de haut quand je me suis rendu compte que le canapé sur lequel j’ai voulu me jeter venait brusquement de s’écarter de ma trajectoire.

Bien sûr, ça fait un peu (beaucoup – mais de moins en moins, au bout de deux jours) mal et ça fait partie des choses qui m’ont empêché de bien dormir mais comme il ne m’en faut pas beaucoup pour ça… J’ai le sommeil léger. Je n’accroche jamais tous les wagons des trains des gros dodos, je le sais, pas besoin de me faire un dessin. Bref, vous m’avez demandé si j’avais la capacité d’écrire un texte qui se tienne sans aucune lettre qui dépasse. Vous savez quoi ? Je vais relever ce défi et vous le renvoyer comme une batte de base-ball. Non, comme une balle de ping-pong, je ne vais pas être prétentieux, sur ce coup-là, ce qui ne me ressemblerait pas vu que la modestie est ma principale qualité. Je sais très bien qui je suis, ce que je vaux et même combien je vaux. Et par-dessus tout, je sais que je le vaux bien. Comme personne ne me le dit jamais. Ou jamais assez…

Je vous demanderai juste un peu de temps pour pouvoir me retourner. Et n’en profitez pas que je me trouve de dos par rapport à vous pour faire des choses en douce derrière le mien. Pourquoi ai-je donc tant besoin d’un peu de temps (entre quelques heures et quelques jours, pas plus) ? Tout simplement parce que je suis en transit, en ce moment, que je rentre de chez mes parents, depuis les Deux-Sèvres, qu’ils sont revenus chez moi avec moi et que nous partons tous les quatre, avec Solange, le président et eux, dès demain et ce, au moins jusqu’à samedi pour ne pas dire dimanche. Et moi, forcément, pendant les jours qui viennent de passer et ceux à venir, je suis moins capable d’être concentré. Parce que je ne peux pas délaisser mes vieux parents juste au profit d’un jeu d’écritures si excitant soit-il. Alors, oui, je serai cap. Rien que pour… Rien que pour…