Je ne m’y fais toujours pas à cette photo de profil qui, en réalité, est une photo de face. Je ne sais pas pourquoi j’ai changé la précédente, qui me plaisait bien voire mieux mais qui commençait à dater sérieusement puisqu’elle avait été prise en mai 2013, je m’en souviens très précisément, c’était un dimanche après-midi, vers environ 14/15h, à vue de nez (avec des lunettes dessus) et nous étions encore à table. La seule chose, c’est qu’en arrière-plan, il y avait la tête de Solange, pas le président, non, l’autre, celle qui a été une amie pendant quelques années mais que j’ai perdue de vue sans que j’aie jamais eu besoin de chercher à la retrouver. A contrario d’autre ami(e)s. Tiens, le correcteur d’orthographe me signale que je n’ai pas mis d’accent sur le ‘a’ de a contrario. Qu’est-ce que ça peut lui faire ? De quoi il se mêle, celui-ci ? Il ne sait pas qu’en latin, il n’y a pas d’accent ? Ou alors, j’ai tout oublié de mes années de collège. Il faut dire qu’elles sont si loin de moi. Si lointaines de moi.

Ou alors, je me trompe en me mettant le doigt dans le nez. À moins que ça ne soit l’inverse : je me nez en me mettant le doigt dans la trompe mais ça, ce sont plutôt les éléphants qui en sont capables, moi, je n’ai rien d’un éléphant. À part peut-être la… À part peut-être le… À part peut-être la mémoire, je cherchais juste le mot juste. C’est étrange, ça m’arrive de plus en plus souvent de chercher mes mots. L’autre jour, je cherchais justement le verbe chercher et vous savez ce qui m’est arrivé, j’ai trouvé le verbe trouver. J’en ai déduit que c’était un signe et j’ai pris ça pour argent, content de moi que j’étais. Je me satisfais de peu. De plus en plus de peu. Alors, qu’on ne vienne pas me dire que je suis difficile car finalement, moi je me trouve l’inverse. Et quand je me cherche, je me trouve. Et quand je me trouve, parfois, je me trouve plutôt pas si mal que ça mais souvent, plutôt moyen. Ou alors, parfois bien niveau inférieur ou moyen niveau supérieur. Et rarement, pas terrible.

J’ai passé beaucoup de temps, dans ma vie, à me chercher et même si ce n’est pas encore tout à fait terminé, je pense que je suis sur le droit chemin, le plus dur est fait, comme le chantait St Éloi quand il a découvert qu’il n’était pas tout à fait mort. Tout ça pour en revenir à cette photo de profil, qui est pile une photo de face, que je trouve plutôt moyenne comme la majeure partie de ma vie. Alors de quoi me plains-je ? Heu, si j’y regarde de plus près, je ne me plains pas vraiment. Je me contente de gémir à peine. Juste de quoi montrer au monde que je suis vivant. Pas toujours en bonne forme, certes, mais toujours vivant. Le principal, c’est de ne jamais oublier de respirer, surtout quand on fait tout trop vite, comme moi. Je sais pertinemment que je suis un scribouilleur précoce, ce n’est pas la peine qu’on me le fasse remarquer. Non, le problème, pour la photo, c’est que j’ai changé plusieurs fois de lunettes, depuis. Et que maintenant que je ne travaille plus, j’ai la barbe. Ça fait la différence.