Il se pourrait bien que certain(e)s d’entre le peu que vous êtes à venir me lire, plus ou moins régulièrement, boudent. Je pense même que certain(e)s font un peu la tête. J’en veux pour preuve le fait que de ne pas avoir expliqué qui j’avais tristement abandonné, il y a trois jours, ça en a laissé sur leur faim. Je n’ai abandonné personne. C’était juste histoire de parler. Maintenant, s’il y en a qui veulent résilier leur abonnement, je n’ai pas les moyens de les en empêcher mais ça me ferait peine. Ça me rendrait triste. Et je me sentirais abandonné. Ooups ! J’aurais pu les éviter, celles-ci. Tant pis, ce qui est dit, est dit et ce qui est écrit, est écrit, comme le nom de ce blog l’indique. Maintenant, comme j’ai bien compris que j’en disais beaucoup mais pas encore assez, pour une fois, je vais lâcher du lest. En réalité, non, on m’a juste dit que je parlais beaucoup mais que je cachais tout.

Alors, pour une fois, je vais dévoiler un certain nombre de choses privées. Pour ne pas dire très privées. Mais attention, ça doit rester la seule et l’unique fois. Parce que je n’aime pas m’épancher trop près du bord, j’ai trop peur de tomber dans certains vides et de subir un vertige qui me ferait tourner la tête un peu plus fort que d’habitude. Bref, on ne va pas y aller par quatre chemins ni avec des pincettes et le mieux, c’est qu’on entre tout de suite dans le vif du sujet (qui veut faire le rôle du sujet ?) et de mettre les choses au poing une fois pour toutes. C’est normal, le mot poing écrit de cette façon puisque certain(e)s risquent d’être choqué(e)s à la lecture de ce qui va suivre dans le paragraphe suivant. Tout le monde a été prévenu ? Tout le monde a attaché sa ceinture ?

Alors, première chose : je ne suis pas le célibataire qu’on croit. Je vis avec une femme, Solange, qui a 27 ans de plus que moi, ancienne prof de maths (c’est elle qui m’en a donné le goût) mais je l’appelle toujours Président car elle sent un peu des pieds, une odeur proche de celle du fromage du même nom. Nous nous sommes mariés en cachette à Las Vegas et nous avons fait valider la chose une fois rentrés en France. Nous n’avons pas d’enfant ensemble car il se pourrait que je sois stérile (je n’ai jamais passé l’examen pour savoir car j’ai toujours eu peur de le rater) mais elle en a eu trois d’un précédent mariage avec un riche patron d’entreprise qui est mort d’un empoisonnement en pleine masturbation. Elle n’a jamais été reconnue coupable et je l’ai connue sur une plage naturiste.

J’ai deux voitures, non, trois, puisqu’on vient de m’offrir une Alfa Romeo qui n’était pas dans mon garage, hier soir mais que j’y ai trouvée, ce matin. J’habite une chartreuse dans Bordeaux avec un terrain plein d’arbres qui font plein de feuilles qu’il faut ramasser à chaque fois qu’elles tombent et ce n’est pourtant pas le fait de leur avoir dit à maintes reprises que le mieux, c’était qu’elles ne tombent pas mais elles n’ont jamais voulu rien entendre. À chaque automne, elles me disaient toutes : chute ! Et donc, je me mettais systématiquement à me taire. Mes parents sont célèbres surtout mon père mais c’est ma mère que les gens connaissent le plus. J’ai plusieurs frères et sœurs mais je ne les ai jamais comptés car j’ai toujours eu peur de ne pas tomber sur un nombre impair.

Enfin, j’ai exercé plusieurs métiers car j’ai toujours eu le goût du risque dans ma vie privée : poète commis d’office, marchand d’idées, chanteur de lendemains et dernièrement, j’étais gestionnaire de stock de poissons morts chez un mareyeur. J’ai été suivi par un psychanalyste pendant des années mais j’ai fini par le semer parce que j’ai été plus rusé que lui. Mon meilleur ami, je l’appelle patron car il a bossé dans les tissus. Sexuellement, je suis versatile comme on dit, dans certains milieux et _a tombe bien car je ne le suis jamais sur les bords. Le sexe a toujours compté pour moi et j’ai toujours compté sur lui plutôt que sur mes doigts. Je ne me suis jamais fait faire de mammoplastie parce que je n’en ai jamais vu l’intérêt. Maintenant, vous savez vraiment tout de moi. Je n’en dirai pas plus.