Eh bien voilà. Les choses vont reprendre leur cours presque normal. L’excitation de ces dernières semaines, pour répondre au défi que Philippe m’avait lancé, est retombée. Je me retrouve avec ma vie banale et sans grand intérêts sauf celui que je veux bien lui donner. Avec ma vie devant moi. Chaque matin est de nouveau rempli du repos des autres pendant que je me mets devant la page blanche de mon ordinateur portable. Chaque matin, j’attends que le soleil se lève, de préférence après moi car je continue aussi de vouloir toujours être le premier, c’est une de mes routines. Une de mes conditions sine qua non. Parce que sinon, ma vie vaut-elle tant le coup que ça d’être vécue ? Si je ne laisse aucune trace nulle part… Si je n’essaie pas de laisser un souvenir marquant aux autres…

Là, je vais repartir (pour la quatrième ou cinquième fois) à Biscarrosse depuis le début de l’été ou la fin du printemps, je ne m’en souviens déjà plus trop bien) et, pour changer de habitudes, je pense que je ne vais pas écrire cinq ou six billets d’avance, je vais essayer d’écrire au jour le jour, avec la seule contrainte de la veille pour le lendemain au cas où il pourrait m’arriver d’être pris par le temps et d’arriver au soleil couchant sans rien avoir publié. Vous savez, une chose en appelant une autre, une non-occupation dépassant une oisiveté et le temps passe et la roue tourne et la nuit tombe quand le jour lui fait un croche-pied. C’est taquin, le jour, quand ça lui prend. Mais c’est tellement prévisible, une journée qui n’a pas envie de faire des heures supplémentaires !...

Alors voilà, je suis là, devant des journées sans but précis si ce ne sont l’intendance à gérer pour le patron et Claude, jouer avec les chiens s’il ne fait pas trop chaud dehors, lire, m’allonger sur un transat et fermer les yeux pour penser aux jours meilleurs, beaucoup d’avant et peut-être quelques-uns pour après même si j’ai des doutes. Et pourquoi ne pas me laisser aller, lâcher prise et somnoler pour oublier ces routines dont j’ai pourtant besoin ? Je ne m’ennuie jamais, j’ai cette chance là mais j’avoue que ce défi, qui m’a pris un peu la tête, c’était un but enthousiasmant. Une bonne raison de plus de me lever le matin. Une façon de me dire que tout n’est pas tout à fait terminé. J’ai encore des palpitations à vivre et ça, ça reste une belle promesse. La roue tourne, peut-être mais ça va.