Alors que je suis capable d’écrire rédibitoir… rhédibhit… raidi… rédhibitto… rédhibitoire du premier coup, sans jamais hésiter, je n’en reviens toujours pas de ne pas avoir su que le mot « impair » pouvait s’accorder en genre. C’est-à-dire qu’il pouvait se mettre au féminin. Mais le pire, c’est qu’à force d’y penser et d’y repenser, j’ai même réalisé, ce matin, que ça s’accordait également en nombre. C’est-à-dire qu’il pouvait se mettre au pluriel et donc, a fortiori, au féminin pluriel. Par exemple, si je joue aux boules avec un ami et que celles-ci sont numérotées, comme je préfère les chiffres et les nombres impairs, je choisirai donc les boules impaires. Ce qui n’a rien à voir avec des paires de boules. Et ne me faites pas dire ce que je n’ai pas voulu, dire, hein ?

Depuis hier, autant vous dire que ça turbine, dans ma tête. Tout ça parce qu’un inconnu prénommé Philippe m’a fait les gros yeux, avant-hier et comme je suis un bon petit soldat, dès qu’un doigt de l’autorité officielle se dresse devant moi pour me faire les gros yeux, je ne peux que reconnaître que j’ai fauté, que je suis coupable et que je dois faire acte de contrition. Contrition ? C’est comme une résipiscence. Résipiscence ? C’est comme une contrition mais ça ne s’écrit pas pareil. Si vous préférez, c’est comme une repentance. Et dans la repentance, il y a forcément, à parts variables, des regrets et des remords. Les deux allant souvent de pair. Mais jamais d’impair. Ah tiens, le revoilà, celui-ci ! Oh, ce n’est pas la peine de venir me narguer, hein ? J’ai déjà reconnu ma faute.

En guise de punition, je me suis obligé à chercher un mot et je me suis assuré de la façon dont on pouvait l’accorder : violon, par exemple. Eh bien, un violon, ça ne s’accorde qu’en nombre (donc, au pluriel) mais également avec les mains pour ne pas faire de fausse note dans la rédaction d’un texte en bon français. Et les violons, ça peut se trouver seul mais aussi en groupe. Parfois, par deux et là, on peut parler d’une paire de violons. Et s’ils sont quatre, alors, on parlera de deux paires de violons. Et s’ils sont numérotés, on appellera les violons impairs de la paire de violons qui ne sont pas pairs. Voyons voir si je ne me suis pas trompé, sur ce coup-là ?  Non, ça me semble correct. Et en plus, je trouve que ma démonstration est brillante. Je pense que j’ai bien repris du poil de la bête.