Oui, on a beau être bon, on peut parfois se laisser un peu aller et finalement, cacher une certaine médiocrité. La seule différence avec ceux qui le sont souvent, très moyens, c’est que quand on peut, quand on en est capable, on arrive peu ou prou à masquer ses faiblesses, à les enrober dans une couche de faux-semblants qui peuvent faire croire qu’on a travaillé ou qu’on est toujours à la hauteur. Je suis tout à fait capable de ça, je le sais d’autant bien que je me connais comme si je m’étais fait et que je ne me fais aucune illusion sur moi-même. Je suis lucide et parfois même extra lucide. Je ne me fais aucun cadeau même si, en apparence, j’ai l’air de me passer beaucoup de choses.

Comme nous sommes dimanche, je vais donc battre ma coulpe et je vais d’autant plus en profiter que comme il n’existe pas encore de mouvement contre les coulpes battues, je peux y aller franco. Je reconnais donc avoir été un peu moyen dans les derniers billets, écrits un peu trop dans l’urgence et tout le monde connaît les problèmes qui existent dans les urgences en ce moment. J’en suis peut-être un dommage collatéral. Mais ça, c’est une autre histoire. Quoiqu’il en soit, je vais et je dois me ressaisir. C’est ce que je me dis quand je sens que ça n’est pas tout à fait au point, pas tout à fait à la hauteur mais là, depuis trois jours, l’appartement est plein et je passe plus de temps en cuisine qu’ailleurs.

Là, c’est le rush final avant la réception des amis du président, ce midi. Je ne sais pas à quelle heure ils vont partir mais quelque part, oui, j’ai un peu hâte que tout ça soit terminé car j’aimerais me retrouver dans ma routine, un peu trop confortable, dans mon train-train quotidien et reprendre mes vieilles bonnes habitudes et ne pas me laisser surprendre par un manque de temps flagrant pour tout ce qui n’est pas de l’intendance domestique. Alors, qu’ils arrivent à l’heure, ce midi, tous et qu’ils repartent le plus vite possible. Et moi, après, je jure devant Dieu, s’il existe, que je vais me remettre sur le droit chemin. Sinon, ça va barder, c’est moi qui vous le dis. Et je sais de quoi je parle. Ça va chier.