Je n’aime pas trop gâcher, du moins, j’essaie de le faire de moins en moins. Le moins possible. Parce que c’est vrai que fut un temps où j’ai bien gaspillé, comme tout un chacun. Parce qu’on ne se posait pas vraiment la question. Mais avec ce temps qui va et qui fait que tout s’en va, on réalise qu’on a été bien léger, bien laxiste, bien insouciant. L’insouciance est un apanage de la jeunesse. Je suis passé par là mais je n’y repasserai plus vraiment.

Maintenant que j’ai plus, nettement plus de temps libre, outre le fait que je cours beaucoup comme pour m’étourdir et surtout, ne pas tomber dans une espèce d’oisiveté qui ne serait pas bonne pour moi, j’ai changé certaines habitudes et inverser quelques routines. Mine de rien, ça permet de faire comme s’il y avait beaucoup de nouvelles choses qui me permettent de supporter ce qui serait vite devenu une espèce de fardeau.

Par exemple, je me suis mis à cuisiner le matin au lieu de l’après-midi. C’est vrai qu’auparavant, je n’avais pas le choix vu que je travaillais la nuit et le matin. Mais là, je fais mes préparations d’assez bonne heure pour avoir l’esprit tranquille et mes après-midis réellement libres. Comme si j’étais à mi-temps. Comme si le temps était ma moitié d’orange. Pffft ! Comme si elle pouvait existait, ma moitié d’orange, hein, franchement ?

Oui, ce matin, j’ai tendance à désabuser un peu. Parce que je trouve que pour un dimanche, découvrir la terrasse encore plein de la pluie de la nuit, voir des nuages clairs mais nombreux dans le ciel, penser qu’il ne fait pas si chaud que ça, me rendre compte que le film que j’aurais aimé aller voir dure 2h12 et que je trouve ça trop long, ne pas avoir franchement d’idées pour écrire, ça fait comme si j’allais perdre mon temps à rien.

Et perdre son temps, comme l’a recherché Marcel Proust, souvent ça ne se rattrape plus, comme le chantait Barbara. Alors ma foi, tant pis, je baisse les armes et je me rends. Aujourd’hui sera un jour mou, un jour sans, un jour de peu. Je ne vais probablement pas sortir. Je ne ferai pas mes dix mille pas minimum. Je suis en RTT, en mode relâche, comme le lundi, au théâtre. Quand je vous le dis, ça fera un dimanche pour rien. Du gâchis, mais tant pis.