Je le sais bien qu’avant l’heure, ce n’est pas encore l’heure mais que voulez-vous que j’y fasse, ce n’est pas ma faute si je me lève tôt voire trop tôt, je suis programmé pour être du matin et je ne comprends pas pourquoi tout le monde n’est pas comme moi. Non pas que j’aime particulièrement l’uniformité mais sur ce point-là, ça serait mieux que tout le monde suive mon exemple. d’une part, ça limiterait le nombre de noctambules alcoolisés qui viennent emmerder les braves gens qui dorment en rentrant chez eux en s’engueulant comme s’ils étaient seuls au monde et d’autre part, ça me permettrait de ne pas attendre bêtement que dix heures sonnent pour que la vie bordelaise se mette en branle.

Parce que là, c’est vrai que j’attends bêtement. Parce que, je le sais bien, avant l’heure, ce n’est pas l’heure. En tout cas pour le reste du monde. À part moi. Et tout à l’heure, j’aurai tout à faire en même temps : aller promener les chiens même si on n’est pas dimanche. Aller faire deux ou trois courses pour le patron et une pour le président, en particulier, trouver un caviste qui sera ouvert pour y acheter une bouteille de vin. Rien qu’une. Et en parallèle, je dois aller chercher le pain que j’ai réservé à ma boulangère, hier. Mais pas avant dix heures, là encore. Sauf que là, c’est ma faute, c’est moi qui lui ai donné cet horaire-là sans avoir réfléchi. Il peut m’arriver de faire mon gilet jaune à mes heures perdues.

Je le sais depuis la nuit de temps qu’avant l’heure, ce n’est toujours pas l’heure mais moi, je suis toujours en avance sur mon temps tout en ne voulant pas avancer dans ma vie. Je dois gérer certains paradoxes que même la thérapie chez un psy, qu’il soit chologue, chiatre ou thérapeute ne pourra jamais faire sauter. Je saute de paradoxe en paradoxe comme Tarzan de liane en liane. C’est mon seul point commun avec lui, d’ailleurs. Mais ce n’est pas le sujet du jour. Le sujet du jour, puisqu’on parle de lui (comme par hasard !), c’est que là, j’attends que passe le temps pour pouvoir vaquer à mes occupations plus domestiques que de loisirs et tant que je ne les aurai pas réalisées, je ne pourrai m’octroyer aucune pause.