Si vous aviez vu la tête de Mymy quand elle a découvert les cadeaux que je lui ai apportés ! Je pense que l’effet de surprise passé, elle était contente. Mais de toute façon, Mymy, elle est toujours contente. Déjà, elle a été très contente de me revoir, ce que je peux tout à fait comprendre. Ensuite, elle a été très contente qu’on parle du passé, ce que j’aime bien aussi. Enfin, elle a été contente parce que je lui ai apporté des cadeaux et qu’elle ne s’y attendait pas du tout. Je les avais bien cachés dans ma valise. Déjà, le premier paquet que je lui ai donné, qui n’était pas emballé, je crois que ça ne l’a d’abord pas emballée du tout mais elle a fait comme si. J’étais venu avec mon linge sale car je n’avais pas eu le temps de le passer au lavage, avant de venir sur Paris. Et pour arranger l’affaire, je lui ai dit qu’on pouvait faire une animation : lessive entre amis. Mais pas avec tee-shirt mouillé…

Après, je crois que la plus grande surprise qu’elle a ressentie, c’est en déballant le cubitainer de vin rouge. Cinq litres d’un mélange de petits pinards bordelais, de plusieurs coopératives, une bonne occasion de découvrir les différents cépages de la région, notre région si célèbre pour ses grands crus mais pas seulement. Et là, j’ai pensé que pour un voyage en TGV, ce n’était pas la peine de dépenser une fortune, j’ai pris le moins cher chez Aldi, vous savez, le concurrent direct de Lidl. À moins de 4 euros les cinq litres, c’est plutôt rentable. Et ça leur donnera peut-être une envie de venir visiter le coin, à Mymy et à son mari. Et là, oui, je leur ferai découvrir des choses plus goûteuses. Pour apporter chez eux, j’ai pensé qu’il fallait commencer par le bas de l’échelle. Et ensuite, seulement, aller plus haut, voir si on peut monter en gamme et boire le petit Jésus en culotte de velours.

Le point d’orgue de mes cadeaux, c’est quand même la partie culturelle : Les oraisons funèbres de Bossuet et La divine comédie de Dante, en trois volumes, qui n’ont certes rien à voir avec Bordeaux vu que le premier est né  à Dijon et le second à Florence, en Italie mais comme j’avais ces quatre livres dans ma bibliothèque et que je n’ai jamais réussi à les vendre sur Le bon coin, je me suis dit que l’occasion était trop bonne et je les ai offerts à Mymy. Je pense que ça lui a plu même si ce ne sont pas des livres rigolos alors qu’elle espérait qu’en nous retrouvant, au bout de vingt ans, on allait dire plein de bêtises et en rire à chacune d’elles. Oui, d’accord mais je ne suis pas qu’un clown, il y a aussi un être avec un cœur qui bat en moi. Comme ça, elle pensera à moi quand elle les lira. Parce que j’espère bien qu’elle les lira. Un livre, c’est fait pour ça. Et on ne refuse jamais un cadeau.