Samedi matin, j’ai fait l’ouverture de la piscine Tissot, à Bacalan. Je préfère y aller juste au début de l’horaire car c’est le seul moment où  on peut nager à peu près tranquillement sans être gêné par les autres et inversement. J’avais un seul objectif : faire cinq cent mètres et utiliser les dernières entrées qu’il me reste avant la fin du mois, c’est-à-dire trois. Maintenant, il ne m’en reste plus que deux. Et comme je serai sur la région parisienne, de lundi à mercredi prochains, il faut savoir que je viendrai peut-être utiliser la dernière entrée, vite fait, avant le petit déjeuner de mardi matin.

Mais revenons à samedi dernier. J’ai sans doute voulu faire le kéké ou alors, je me suis pris pour ma mère car j’ai battu mon record : 20 longueurs en 25 minutes, soit 1,25 minute par longueur. C’est bien non ? Est-ce que c’est si bien que ça peut m’ouvrir les portes du prochain championnat amateur des lents ? Il est vrai que je n’ai pas fait de pause à chaque bout, contrairement aux fois précédentes où ces pauses, justement, devenaient de plus en plus courtes. Là, je n’ai fait que reprendre mon souffle, ni plus, ni moins. Et regarder si la voie était libre pour repartir aussitôt en sens inverse.

Je n’ai même pas eu besoin de remettre mes lunettes en place, elles ont bien tenu et aucune goutte d’eau chlorée n’est venue brouiller ma vue. Juste un peu de buée. C’est normal. C’est ce qu’on appelle la buée de sauvetage. Et je n’ai pas été dérangé par les autres, nous étions assez peu nombreux pour ne pas dire pas beaucoup. Sauf une fois, j’étais sur le dos et j’ai tapé dans les fesses d’un vieux monsieur que je n’avais pas vu car je n’ai pas les yeux derrière la tête, juste un peu plus gros que le ventre, parfois. Et bon, j’étais bien content d’arriver à la fin de mes vingt longueurs.

Mais peut-être ai-je présumé de mes forces puisque j’ai mis deux jours à m’en remettre. Des courbatures en veux-tu, en voilà. Et surtout, le retour des douleurs cervico-scapulaires. Alors que c’était l’objectif inverse : me détendre toute cette zone en nageant principalement sur le dos et en brasse coulée. Bon, ce n’est peut-être qu’un hasard, si les douleurs persistent depuis samedi. Comme je crois plus au hasard qu’au destin… Enfin bon, voilà, quoi. J’ai battu un record mais je suis perclus de douleurs, depuis. Est-ce que le jeu en valait la chandelle ? Est-ce que ça en valait la peine ?

Quoiqu’il en soit, pendant que je nageais, je pensais. Je me questionnais. Je philosophais. Et j’en suis arrivé à une conclusion, parmi d’autres : quand je fais faire des longueurs à la piscine, c’est une action humanitaire. En effet, c’est pour le bien-être de cet être humain que je suis. Et chaque mouvement de natation que je fais, dans l’eau, est un grand pas pour l’homme que je suis. Et ça, ça reste encourageant. Ou alors, je n’y comprends plus rien. Et donc ? Eh bien peut-être que le jeu en valait-il la chandelle malgré tout. Parce que ça me réconforte de repenser à tout ça.