Je me suis levé à 5h30, réveil programmé oblige (non, je l’avais prévu à 6h mais mon horloge biologique interne ne sait pas faire autrement que me sortir du sommeil toujours une demi-heure, environ, avant l’heure – ouh la la, quelle phrase compliquée à même pas 6h, ce matin !) et alors que je venais juste de mettre trois cuillers de café moulu dans le filtre de la cafetière, je suis allé sortir de quoi manger, tout à l’heure et que vois-je au mur, près du plafond, du côté de la fenêtre de la cuisine ? Hein ? Qui vois-je, plantée là sans rien faire comme si chez moi, c’était un hôtel ?

Une mouche. Une grosse mouche qui semblait dormir de tout son être, qui semblait se foutre de savoir si moi, j’étais déjà debout et qui avait l’air d’être totalement détendue. J’ai hésité à sortir la tapette qui va bien car je me suis dit qu’on ne frappait pas quelqu’un à terre même s’il est sur un mur proche du plafond. Ça m’a démangé. Et j’ai également pensé que pour une fois, je pourrais ne pas être tout de suite agressif, avant que le jour ne soit levé… Une espèce de trêve des confiseurs, quoi…

Et, pendant que je commençais à récapituler ce que j’avais à préparer avant de partir à Toulouse, avec le patron, mes pensées n’ont pas tardé à digresser, comme bien souvent. Même tôt le matin. Et je me suis demandé si les mouches dormaient vraiment. Et à part sur le mur près du plafond, dans ma cuisine, entre le placard près du réfrigérateur et la fenêtre, je n’avais jamais vu d’autres endroits où ces satanés insectes pouvaient tomber dans les bras de leur Morphée à eux. En toute quiétude… Ou alors, je n’y avais jamais prêté attention. Allez savoir, il y a des matins où on ne voit rien, parfois.

Et si ça se trouve, cette mouche immobile était en train de rêver à des endroits où pondre ses œufs tout en mangeant. Ou alors à une cousine verte qui l’a invitée à venir dîner sur une jolie crotte de chien. Et moi, je ne sais pas pourquoi je ne l’ai pas tuée directement, quand je l’ai vue car même si on ne tire pas sur une ambulance, je pense qu’on peut tuer une mouche qui dort. Ce n’est pas plus violent ni méchant qu’une mouche qui vole en faisant bzzz autour de moi. On tue, un point c’est tout.

Et j’aurais vraiment dû le faire, tout à l’heure au lieu de me poser toutes ces questions car là, maintenant que je suis en train d’écrire mon billet du jour alors qu’il n’est toujours pas 6h, elle est là en train de m’énerver à voler autour de la lampe de chevet qui m’accompagne. Et elle me fait hérisser les quelques poils que j’ai sur les bras car je déteste les mouches, elles me dégoûtent. Et je vais avoir beaucoup plus de mal à la tuer maintenant qu’elle est en pleine forme. Il y a vraiment des matins où on ferait presque mieux de rester couché, tiens. Surtout elle, la saloperie de mouche.