Revenir aux fondamentaux, ai-je entendu à la radio, ce matin. Il paraît que les gilets jaunes (et casseurs réunis ?) veulent réinvestir les ronds-points, revenir aux fondamentaux. Je veux bien, moi mais qu’y aura-t-il à casser, là, hormis les pieds et les pédales des conducteurs ?

Néanmoins, une question me taraude l’esprit, après avoir entendu cette nouvelle un peu inattendue : le mot « fondamentaux », sont-ce les journalistes qui l’ont employé où vient-il directement des gilets jaunes (et casseurs réunis ?) ? C’est important de savoir ça.

Car au fond de moi, la petite voix vacharde qui me fait toujours râler pour ne pas dire ronchonner ou pester, m’a susurré que si ça se trouve, ce mot-là, ils ne savent même pas ce que ça veut dire, tous ces gens. Ooups, je suis une véritable teigne, hein ? Ouais, j’assume, de toute façon.

Donner pour aider ces gens-là ? Leur donner de l’argent ? Ah non, il faudrait me payer pour ça. Ah oui, carrément. Me faire un crédit d’impôts de dingue. Moi, je ne prête qu’aux riches et je ne donne à personne. Surtout si on m’oblige à le faire. Par pur esprit de contradiction.

De mauvaise humeur, moi ? Non, d’humeur habituelle. C’est juste que je me tape une migraine depuis hier soir. Si ça se trouve, c’est à cause de la soirée qui m’attend en mon hommage de la part de mes ex-collègues. Je suis capable de m’en rendre malade, si, si, puisque je vous le dis.

Ça et savoir qu’on est samedi et que c’est l’éternel retour des manifestations sans fondement (fondamentalement ?), ça me hérisse les quelques poils que j’ai sur le corps : un peu sous les bras, trois ou quatre sur la poitrine, au pubis et un peu sur les mollets.

Ça part dans tous les sens, aujourd’hui, hein ? Eh bien oui, parce que désormais, ça sera comme ça. À partir de dorénaprès, ça sera comme dorénavant. C’est ce que Julien Doré dit à Sophie Davant à chaque fois qu’il la voit. En tout cas, il pleut et ça me fait vachement plaisir, aujourd’hui.

Pourquoi ça me fait plaisir ? Parce que toute l’eau qui tombe du ciel, si ça pouvait leur laver le cerveau à tous ces manifestants, ça sera déjà ça de gagné. Oui, j’ai envie d’être agressif parce que moi, je me sens agressé. Et pas que le samedi. Dès que j’en entends parler.

Oui, on va essayer de ne pas y penser, d’aller faire la sieste pour être en forme pour ce soir. Fermer les yeux et laisser la pluie frapper doucement sur les carreaux mais pas que. Et me dire que fondamentalement, une manifestation de plus, ça s’arrose, non ?