Il y a des écrits qui ne se perdent pas. Je viens de l’apprendre par le président qui vient de me ressortir un sketch écrit en octobre 2016 pour une soirée « Patrimoine de Bordeaux » qui n’a jamais eu lieu. Comme la troisième guerre mondiale. Du moins, pas encore. Comme mon sketch qui n’a jamais été joué, du moins pas encore. Puisqu’il est de plus en plus question qu’il le soit le 22 ou le 23 juin pour une représentation exceptionnelle, soit en soirée, la veille, soit en matinée, le lendemain. Je suis clair ? Pour moi, oui, tout ce que je dis est limpide comme de l’eau de Cologne.

À l’époque, je ne sais comment j’ai été autant inspiré mais je me suis retrouvé à raconter l’arrivée d’Aliénor d’Aquitaine en Angleterre là où elle allait devenir reine après l’avoir déjà été en France et ça, c’est quand même digne du livre des Records car des femmes reines de deux pays différents à deux périodes différentes, ça n’est pas souvent arrivé dans l’histoire de France et de l’Angleterre réunies. Et moi, je me suis amusé comme un fou à imaginer la première fois qu’Aliénor se trouve face à une autochtone, une aubergiste qui ne parle pas français.

Et là, je me suis déchaîné entre cette aubergiste que je fais parler avec un accent à couper au couteau, comme le brouillard qu’on trouve en Grande-Bretagne et une Aliénor qui n’aime pas trop se retrouver dans un endroit aussi populaire et limite pas très propre. C’est prétexte à une accumulation de clichés sur les français (et leur sale caractère) et les anglais (et leur caractère un peu spécial) et moi, je peux vous garantir que ça me fait rire rien qu’à me relire. C’est du premier degré, au premier abord mais on peut y trouver son compte même à d’autres niveaux. 

Comme par hasard, on parle de ça alors que demain soir, ce sera ma fête. Mes ex-collègues ont réservé un endroit où nous allons nous retrouver pour un repas en toute amitié et à cette occasion, justement, deux d’entre eux, Aïssa et Virginie, vont jouer un sketch que j’ai écrit pour eux : Stéphane, sa vie, son œuvre. Et j’en chaînerai sur un discours de haute volée. Surtout dans les premières minutes car je vais citer Confucius, Cioran et Stéphane Mallarmé. Il faut savoir élever le débat et montrer aux autres qu’on en a dans la culotte quand on en a dans la culotte.

Comme ça va forcément faire un flop de citer ces grands auteurs, surtout que je n’ai pas choisi les extraits les plus simples, je vais embrayer sur des grivoiseries et des allusions bien placées là où il faut car finalement, c’est souvent ça qui fait rire. Donc, je suis en plein ébullition pour demain soir et pour le 22 ou le23 juin. Et vous savez quoi ? J’adore ça. Je pense que j’ai un peu raté ma vie professionnelle car avec le recul, j’aurais adoré travailler dans le milieu de l’écriture, du théâtre et de la mise en scène. Tant pis, à défaut, je le fais avec mes proches. C’est déjà ça.