Ça fait un peu plus d’un mois que j’ai quitté mon boulot. C’était le samedi 23 mars, une date qui va devenir historique et dont on parlera encore en 2684. Pourquoi en 2684 ? Pour fêter dignement, comme il se doit (comme il se doigt ?) le six-cent-soixante-sixième anniversaire de ma sortie du mareyage (et sortir du mareyage n’a rien à voir avec un divorce – quoique, quoique…) Non, sans blaguer, j’ai tapé 2 et ensuite, j’ai fermé les yeux et j’ai tapé trois autres chiffres sur mon pavé numérique et c’est ainsi que je suis tombé sur l’année 2684. C’est un peu con, hein ?

Au bout d’un mois et quelques jours, je suis surpris pour ne pas dire stupéfait de voir que je n’ai pas arrêté de courir sauf samedi et dimanche, ces deux jours qui viennent de passer pour former un week-end normal aux gens normaux. En deux jours, j’ai fait le minimum syndical : je suis allé faire des courses samedi matin, je suis passé chez le patron, rapidement et je suis rentré chez moi pour ne plus en sortir du reste de la journée. Ah si, le matin, je suis allé aux putes mais ça, ça ne compte pas. Ou alors, ça compte pour du beurre. Et dimanche ? Non, pas de promenade des chiens.

Pourquoi ? Parce que le patron est parti à Biscarrosse avec eux et que moi, je n’y suis pas allé cette fois-ci parce que j’ai rendez-vous chez le kiné, aujourd’hui et que demain, j’ai une réunion chez mon nouveau copain Paul. Alors, hier matin, je suis juste passé chez lui pour voir s’il n’y avait rien eu samedi (avec ces gilets jaunes et casseurs réunis !...) et je suis allé acheter un pot de bégonia dragon (retombant) avant de rentrer chez moi pour ne plus en sortir du reste de la journée. Pourquoi un seul pot de bégonia ? Parce qu’il est rose et que j’en voulais trois de couleur rouge. J’ai réfléchi un peu.

J’ai réfléchi un peu avant de me décider à n’en prendre qu’un au marché aux fleurs de la foire à la Brocante et j’irai en acheter deux autres ailleurs. Ainsi qu’une nouvelle glycine que j’offrirai au patron mais ça, ça sera pour un autre jour. Et je suis donc resté chez moi et hormis le fait de cuisiner, je n’ai rien fait d’autre. Ah si, je suis retourné aux putes mais là encore, ça ne compte pas. Et au bout de deux fois, ça compte pour de la margarine. Tout ça pour dire qu’en deux jours, je n’ai rien branlé ou presque. Ça ne fait pas de mal d’être en RTT, de temps en temps, surtout pour moi, l’hyperactif.

Sinon, pendant un mois, j’ai l’impression de ne jamais avoir arrêté. De courir du matin au soir. Et d’être comme boulimique de faire plein de choses mais pas toujours celles qui sont les plus importantes. Et je n’ai même pas trouvé le temps d’aller plus souvent au cinéma comme je me l’étais promis. Alors, si c’est ça, arrêter de travailler, hormis le fait de ne plus avoir à me lever à 2h de la nuit, quelle différence, hein, dites-moi ? Oui, vous avez raison, ça ne tient qu’à moi de moins courir. Mais je ne sais pas si je saurai faire ça. Chassez le naturel et il revient au galop, comme on dit.