Pardon ? La piscine Tissot ? Oh, ce n’est pas loin, c’est juste à 500 mètres ! Vous allez tout droit et vous tournez sur vous-même au bout, là-bas et vous revenez et vous recommencez vingt fois et après, vous aurez parcouru la distance que je vous ai indiquée. 

La dernière fois que j’y suis allé, à la piscine Tissot, c’était avec maman, début avril. Et alors que maman s’apprêtait à retrouver les joies des couloirs de natation dans une piscine ouverte au public, avec ses palmes, son pince-nez, son bonnet et ses lunettes sans oublier son maillot une pièce, moi, je me suis jeté à l’eau aussi. Allo ? Oui, ne quittez pas, gloub gloub… Et pendant qu’elle allait enchaîner les longueurs en veux-tu, en voilà, après quatre ou cinq mois d’interdiction de piscine pour raisons de santé, elle allait prendre sa revanche et moi, je ne pouvais décemment pas être en reste.

Alors, j’ai fait une première longueur, un peu essoufflé pendant et après. Puis deux ou trois autres et encore deux ou trois autres. Et je suis sorti pour aller dans le petit bain, là où on peut s’installer avec des bulles du genre jacuzzi et j’ai eu honte car maman, que j’apercevais de loin en loin, continuait de nager comme une sirène, pas toute jeune mais quand même, on sentait la championne qui est en elle. Alors, j’y suis retourné et contre toute attente, j’ai fini par faire vingt longueurs de 25 mètres soient 500 mètres. En plusieurs fois, bien sûr. Et maman, quand elle s’est arrêtée, elle en avait fait plus que moi, vu qu’elle avait parcouru 800 mètres dans l’eau. Battu à plate couture par ma mère.

Ce matin, pour tenter de détendre mon cou et la zone scapulaire, bien crispée et douloureuse, j’ai décidé d’y retourner tout seul, dès l’ouverture et là, j’ai fait mes vingt longueurs sans m’arrêter si ce n’étaient quelques secondes de temps en temps, de préférence en bout de ligne car en plein milieu du bassin, ça n’aurait eu aucun intérêt. C’était donc la première fois de ma vie que je parcourais 500 mètres dans l’eau d’une façon presque ininterrompue. Un peu moins d’une demi-heure. Je suis encore loin de pouvoir prétendre à battre un record mais c’est un bon début. Ça va mieux ? Je ne sais pas.

Ce que je n’aime pas, là-bas, après l’effort, c’est que le réconfort attendu n’est pas à la hauteur : prendre une douche en maillot de bain (car il n’y a pas de cabine individuelle), c’est assez moyen pour le laver le cucul et le kiki. Ma foi, tant pis, l’essentiel, c’était bien de participer.