Y a des fois, on a conscience qu’on ne doit pas dire qu’y a des fois. On devrait dire parfois mais y a des fois, ce n’est pas très joli, joli pour quelqu’un qui aime la langue française. Je ne cite personne. Je dis juste ça comme ça. Mais y a des fois où ça peut-être écrit volontairement, un peu comme une figure de style, un peu populaire, assez outrancière pour peu qu’on la répète.

Y a des fois, quand on se lève, on se demande pourquoi on se lève, surtout si on n’a pas besoin d’aller travailler car après tout, qui s’en rendrait compte qu’on va rester au lit au-delà d’une heure qu’on trouve décente ? Ma conscience ? Eh bien, ce matin, ma conscience, je lui ai mis un doigt bien profond car je n’en avais rien à faire de savoir ce qu’elle pensait, de ce qui était meilleur pour moi : me lever ou rester au lit, j’avais tellement mal partout, des omoplates au sommet du crâne, en passant par les épaules, principalement celle de gauche que franchement, hein ?...

Alors, je me suis levé car malgré tout, le petit matin est un moment qui m’appartient, que j’aime par-dessus tout de tous les moments de la journée, de tous les autres moments de la journée et de la nuit réunis. J’aime ce moment-là car, en général, je suis seul et le fait de l’être n’est jamais pesant même si ne me sens pas bien, comme ce matin. Je suis seul et je vis à mon rythme. Je n’ai personne auprès de qui me plaindre, éventuellement, je peux écrire pour me lamenter mais là, encore une fois, je suis le seul à le savoir. Me remettre à écrire des poèmes tristes ? Il m’arrive d’y penser…

Y a des fois où tout ce qui nous attend pour le reste de la journée nous semble si difficile à envisager qu’on pourrait presque préférer aller pousser un wagonnet au fond d’une mine. Bien sûr, j’exagère, comme souvent mais y a des fois où je ne peux pas faire autrement. Ou alors, je le fais exprès. Chacun m’interprète comme il peut et comme il veut. Y a des fois où même moi, je ne sais pas ce que je pense quand je l’écris ou quand je le dis. Sauf quand j’ai mal comme ce matin où là, je suis absolument sûr de moi. Aucun doute n’est permis. Aucun doute ne m’habite. Ça m’arrive de ne pas hésiter alors que, y a des fois, où c’est plus souvent qu’à mon tour. Ainsi va ma petite vie…

Aujourd’hui, je fais fi du respect de la langue française. Je me sens trop fatigué et j’ai déjà donné beaucoup toute la matinée. Et si je n’avais pas le kiné, à 15h, je m’enfermerais chez moi sans aucune intention d’en sortir avant demain. Car demain sera un autre jour comme la plupart du temps. Même si y a des fois où ce n’est pas tout à fait vrai. Y des fois où rien n’est pareil et d’autres, non.