Aujourd’hui, je ne peux pas, je n’ai pas piscine. Mais j’ai autre chose alors tant pis, ça sera sans moi. Parce qu’il faut bien que je puisse faire tout ce que j’ai à faire maintenant que j’ai du temps libre devant moi. Mais je me demande si c’est bien utile que je continue de courir comme je le fais parce que là, franchement, courir, d’accord, mais après quoi ? Ça, c’est une autre paire de manches. Ou une autre paire de collants. Donc, ce matin, j’ai décidé que j’allais commencer à freiner un peu. À ralentir ma course contre le temps et à prendre celui de regarder un peu autour de moi.

Mon problème, c’est que je suis pris entre deux feux follets : courir tout le temps et procrastiner. Un coup l’un, un coup l’autre, un coup l’un, un coup l’autre et un coup l’un. Parfois, encore un coup l’autre. Et si je ne me retenais pas, encore un coup l’un. Et si je me laisse aller, un coup l’autre. Tu parles d’une vie trop en forme de métronome. Non, j’ai oublié qu’il peut m’arriver de faire des longues siestes pour couper cette routine un peu trop parfaite. Et aussi, j’ai mes nuits, désormais. Maintenant, mes nuits m’appartiennent et ça, ça n’est pas rien. Un coup l’un, un coup l’autre…

Je me retrouve un peu comme si j’étais subitement passé d’un niveau social plutôt bas (on peut dire : assez pauvre) à un niveau social plutôt haut (on n’a qu’à dire : très aisé ou même un peu, beaucoup riche) et là, tout d’un coup, j’ai plein d’argent (le temps c’est de l’argent) et je me demande comment je vais le dépenser, combien je vais en placer et si je vais être généreux avec les autres. Peut-être que je pourrais me faire construire une piscine pour pouvoir dire, quand j’ai envie de me poser : je ne peux pas, j’ai piscine. Mais ai-je vraiment besoin d’aller jusque-là pour justifier mes envies de pause ?