Aujourd’hui, je ne vais pas pouvoir écrire, j’ai piscine avec ma mère. Oui, parce qu’il faut qu’elle essaie les nouvelles palmes qu’on lui a prêtées avant d’en acheter une paire à elle. Alors, je vais l’accompagner car comme elle marche avec une canne, dans la rue, je me dis que je la lui tiendrai, la canne, dans l’eau et les acteurs du Grand bain n’ont qu’à bien se tenir, je vais faire un numéro de claquettes avec une canne à la main comme dans les grandes comédies musicales américaines mais moi, comme je suis meilleur que tout le monde, je le ferai sous l’eau. Et pendant ce temps-là, maman fera les longueurs qu’elle pourra.

Avant ça, dans les vestiaires, pendant que maman n’aura pas besoin de mon aide (chacun pour soir quand on se déshabille), je ferai un numéro de chippendale aux cheveux blancs. Et la surprise arrivera au moment où j’arracherai mon pantalon d’une seule main pendant que je me trémousserai sur une musique virtuelle dans ma tête et que dessous, on découvrira mon caleçon de bain avec des paillettes bleues parce que je suis un garçon, sans contrefaçon et quand je me tournerai pour montrer la ficelle de mon string, tout le monde applaudira en s’écriant : waow, pourvu qu’elles soient aussi douces qu’elles en ont l’air.

Après ça, j’irai prendre une douche pour me rincer de tout ce chlore qui va me piquer les yeux, qui va rester sur moi comme une mauvaise eau de toilette et quand maman sera prête, je le serai déjà pour lui rendre sa canne et nous rentrerons en décapotant le toit de la voiture et nous roulerons les cheveux encore mouillés au vent sauf elle car elle aura pris soin de se protéger la tête à l’aide d’un foulard genre carré Hermès sauf que ça serait plutôt un Pétrusse, tant qu’à faire, vu qu’on en trouvait en soldes, ces jours derniers. Après, nous rentrerons à la maison comme si de rien n’était et tant papa que le président ne sauront rien de tout ça.