Nous retrouvons Maurice et son petit monde : sa femme, sa sœur, son frère, ses enfants et ses collègues avec qui il s’entend bien car c’est un bon bougre, Maurice, une bonne pâte. Un mec sans histoire, qui aime la vie et la prend comme il vient, sans avoir trop d’états d’âme. Les mauvais coups ? Un sale moment à passer mais toujours suivi de meilleures choses. C’est sa philosophie même s’il ne le dit pas comme ça, Maurice. Sa femme, elle, elle l’aime parce que c’est le père de ses enfants et elle pense qu’il y a tellement pire. Elle non plus, elle ne se pose pas trop de questions, elle avance. C’est peut-être la force de leur union. Elle est secrétaire médicale dans un laboratoire d’analyses médicales, un métier fait de routines mais ça lui va bien comme ça.

Marie-Jeanne, Marie-J, comme l’appelle affectueusement Maurice, est appréciée des patients qui viennent au laboratoire, de ses collègues et de ceux de son mari et pour les cinquante-cinq ans de son homme, elle a décidé de marquer le coup mais elle se tâte : faut-il privilégier ses amis à lui, ses anciens potes du rugby, vaut-il mieux donner la préférence à sa famille en limitant ceux qui n’en sont pas ou faut-il carrément organiser la grosse réunion avec tous ceux qui pourraient venir, amis, collègues et famille réunis ? Elle s’en est ouverte à ses enfants et il semble que tout le monde  pense qu’il faut ratisser large pour être sûr d’avoir le maximum de gens. Cinquante-cinq ans, ça n’est pas rien, comme date. Maurice aime les multiples de 11, ça ne s’explique pas, c’est comme ça.

Et finalement, après beaucoup d’hésitations, en particulier sur le choix dans la date, c’est une quarantaine d’invités divers qui attendent Maurice, un samedi midi alors que sa femme l’a juste envoyé prospecter pour acheter un nouveau téléviseur pour le petit salon du premier étage de leur maison. Et ils sont tous là. Sauf Hugo, toujours au fin fond de son Chili lointain mais il est prévu un Skype à 18h précises, heure française. Et même Anne-Marie, sa sœur, qui vient de se trouver une compagne, Claire, avec qui elle semble épanouie et heureuse. Et même François, son petit frère dont il n’avait plus de nouvelles depuis si longtemps, maintenant. Et quand il arrive chez lui, qu’il entre dans la maison, tous sont là pour l’accueillir dans un « Joyeux anniversaire, Maurice ! »

Fin.