Oui, hier, on peut en conclure qu’il y aura eu plus de peur que de mal, si j’en crois le peu que j’en ai entendu à la radio ou dans les informations télévisées. Il n’empêche que, il n’empêche que ma colère ne faiblit pas, à l’instar de la mobilisation de ces forcenés irrationnels à qui il doit manquer un bouton, celui de la réflexion. Il n’empêche, il n’empêche que ça continue à me rendre triste et à ne plus me sentir à ma place dans ce monde qui me dépasse. Oh, qu’on ne se méprenne pas sur mes pensées les plus intimes, je ne m’arrêterai pas en chemin pour autant, non, c’est juste que je vais continuer d’avancer, vaille que vaille, coûte que coûte, mais quelque part, le cœur n’y est pas. Quelque par le cœur n’y est plus. Plus tout à fait

Peut-être qu’il y a des jours avec et des jours sans et qu’hier était un jour sans à 100%, à sans pour sans. Peut-être que, comme je n’étais pas bien dans ma tête migraineuse, je voyais les choses encore plus noires qu’elles ne l’étaient ou que je n’aurais dû les voir. Peu importe. Je n’invente rien, j’ai l’impression que la France, puisque c’est elle qui m’importe, est partie en roue libre dans une descente vertigineuse et que personne ne sait plus où est la pédale du frein pour tenter de ralentir un peu ce qui s’annonce comme une chute. Peu importe mon propre cas s’il n’est pas mis en perspective dans tout ce qui l’entoure. Mais malgré tout, l’un est peut-être une des conséquences de l’autre et ça, ça ne me plaît pas. Ça ne me plaît pas du tout.

Oh, je vais faire bonne figure en ce premier dimanche du changement d’heure et subir le fait qu’il fasse encore nuit à 7h du matin, encore nuit noire, alors qu’hier encore, il faisait déjà jour. Ça ne fait qu’ajouter une impression négative. Comme si le bout du tunnel n’était pas encore visible. Comme s’il était inatteignable. Le poète a écrit que c’est ainsi que les hommes vivent, je vais juste nuancer : c’est ainsi que certains hommes vivent. Ça me peine vraiment tout ça. Ça me peine parce que franchement, à quoi bon, hein ? À quoi bon croire encore à un peu d’espoir ? Et si on n’a même pas, même plus ça, que va-t-il nous rester ? Non, le mieux, je crois, ce matin, c’est que je fasse l’autruche et que je fasse comme si tout allait bien.