Je me souviens de cette chanson d’Ester Galil, Le jour se lève, reprise par Garou, dans les années 70, elle m’avait beaucoup marqué par le texte, la musique et la voix de son interprète, une voix rauque comme on peut facilement rencontrer au moment d’un réveil, après une courte nuit qui fait suite à une longue) soirée pendant laquelle d’aucun(e)s ont pas mal bu et sans doute beaucoup fumé. Et là, au petit matin, on a la voix enrouée et un peu de difficulté à faire la part des choses. Et parfois, aussi, à faire la part des gens. Allez savoir, se retrouver au lit avec un(e) inconnu(e) et se demander ce qu’on fait là… Ce n’est pas le sujet de la chanson en question mais c’est à ça que je pense, ce matin, pendant que le soleil s’étire après avoir demandé à la lune de rentrer dormir chez elle.

C’est à ça que je pense quand je suis là, debout depuis 5h, que ça fait déjà un bon moment que je suis devant l’ordinateur à répondre à des mails, à enregistrer de la musique sur une clé USB pour les trajets que je vais faire avec les parents et le président, de lundi à mercredi prochain : Bordeaux-Saint Maixent-Les sables d’Olonne-St Maixent-Bordeaux-St Maixent-Bordeaux. Attention, il n’y aura qu’un seul arrêt pipi par trajet, qu’on se le dise et qu’on prenne ses précautions, note du chauffeur qu’il ne faudra pas oublier à la fin de son service, s’il vous plaît, merci. C’est bien parce que je viens de faire changer les deux pneus avant de ma voiture, avant de partir pour ces quelques mille kilomètres à venir en une semaine environ. Je commence déjà à m’y préparer, mentalement. Oui, déjà.

Mais je pense que je me suis levé un peu tôt. Un peu comme si j’avais voulu faire une brioche et que je n’avais pas attendu assez longtemps pour que la pâte soit réellement prête. Ou comme si j’avais sorti un soufflé au fromage du four avant le moment M et qu’il soit retombé immédiatement dans une espèce de mollesse qui ne me ressemble pas. Et pourtant, je me sens un peu, beaucoup, tout mou, là, ce matin. Je n’ai même pas forcément très envie de manger, pour l’instant. Comme si ce n’était pas l’heure. Mon estomac semble être d’accord avec ça : ce n’est pas encore l’heure. Alors, je crois qu’au lieu d’aller manger un peu, je pense que je vais aller m’allonger un morceau. Ça sera toujours ça de pris. Ça sera toujours ça que tous les autres feignants du monde entier n’auront pas.