L’autre soir, quand on m’a mis à la porte de la réception pour laquelle j’ai accompagné le président, je n’ai rien dit mais je n’en ai pas pensé moins. Je suis parti la tête haute même si j’ai énormément haussé les épaules. Oui, parce que je suis comme ça, moi. Baraqué comme un flan, peut-être mais capable des pires représailles mentalement. La notion même de courage n’a aucune limite pour moi, dans ma tête et c’est déjà beaucoup et ça compense largement le fait que je n’en ai aucun dans la vraie vie. On s’arrange comme on peut avec ses forces et ses faiblesses, dans la vie.

« Quand je danse avec mon grand frisé, je sais pas, il a une façon de m’enlacer, j’en perds la tête, je suis comme une bête… »

Oui, je crois qu’on est plusieurs dans ma tête, au moins Chouchou et moi. Mais ça me va tant que je maîtrise l’autre. Ou les autres. De toute façon, celui (et/ou tous ceux) qui vivent dans mon crâne, je les ai sélectionnés, je les ai recrutés en bonne et due forme, je ne fais pas entrer n’importe qui comme ça chez moi, dans ce que j’ai de plus intime. Parce que, en plus, quand on vit dans ma tête, il y a non seulement le fait de pénétrer en moi ( !) mais surtout, je veux pouvoir faire des confidences à ceux qui sont là. Sans oublier que quand je fais des choses, ils les voient. Ou m’entendent.

« Il me cogne, il me démolit, il me crève mais que voulez-vous, moi j’aime ça, après je m’endors comme dans un rêve en me pelotonnant bien dans ses bras… »

Ah non, ceux qui vivent dans ma tête ne sont pas violents comme ça même si parfois, j’ai conscience que ça ne me ferait de mal d’être un peu bousculé un peu, surtout quand je procrastine à tout va mais non, je me dis que même avec un câlin à la clef pour me faire consoler, je n’ai pas envie de coups. Ni de coups bas. Alors, la condition sine qua non pour venir squatter mon cerveau, c’est d’être gentil avant tout. Et s’il y en a un, un seul qui a le droit d’être un peu méchant, c’est moi.