Alors, Chouchou, tu viens m’aider à calculer le nombre de jours qui me restent ? Parce que là, je ne m’en sors plus. Oui, tiens, regarde, là, c’est la date officielle, le 31 mars mais comme ça tombe un dimanche, j’aurai dû partir la veille, le samedi 30. Mais comme j’ai pris une semaine de vacances, du 24 au 31, histoire de partir un peu plus tôt, là, regarde, ça a été validé et signé par mon patron, donc, normalement, dans deux jours, c’est la quille. Sauf que… Entre temps, la femme qui a été prise pour me remplacer s’est fracturé le poignet (quelle branleuse, quand on y pense !) et se trouve en arrêt de travail jusqu’au 21 avril et moi, le 21 avril, je serai loin. Oui, je serai parti loin et tout le monde me regrettera. Oui, tout le monde se dira que c’était une grosse bêtise que me faire partir. Mais bon…

Donc, comme Martine est en arrêt, c’est Virginie qui va la remplacer pour me remplacer, a décidé mon patron qui est en convalescence pour encore au moins un mois. Mais Virginie, on venait juste de lui demander de faire de la prospection de clients et alors, elle n’a pas dit non mais elle sera en vacances à partir du 22 avril et l’autre, là, avec son poignet sous attelle, va se retrouver toute  seule pour son premier jour de reprise. Toute seule sans trop savoir quoi ni comment faire. Alors, hier, mon patron qui est toujours alité et perfusé a demandé au nouveau responsable de nuit de venir avec moi pour que je lui apprenne mon boulot d’ici demain matin, soit pour deux jours. Oui, peut-être qu’il est très doué, le mec en question mais moi, j’ai, comme qui dirait, quelques doutes…

Alors, ce matin, je lui ai montré une partie de mon boulot mais bon, il ne faut pas se leurrer, pour une fois, je vais me sentir irremplaçable. Ça va cafouiller, forcément mais ça ne sera plus mon problème. En tout cas, jusqu’à ce matin, je pensais que j’allais devoir faire une semaine de plus, soit annuler mes vacances mais non, comme je n’ai aucun écho, je considère que je pars bien après-demain, samedi, aux alentours de 9h30 à tout casser, comme diraient les black-blocs. À moins que d’ici là, mon patron se réveille en sursaut et dans un moment de réelle lucidité, ne me demande de faire cette foutue semaine en plus. Voire un mois en plus. Voire un an en plus. Et puis quoi, encore ? Non, c’est décidé, cette fois, c’est sûr, je m’arrête samedi qui vient. Ou alors, le prochain. Qui sait ?