Je n’ai pas une vie facile pour ne pas dire que j’ai une vie difficile. On est dimanche matin et à 6h30, j’ai déjà fait plusieurs choses (j’ai fait deux pipis, couler le café, mangé un morceau, écrit deux mails, parcouru une revue que j’avais presque terminée hier soir et pris un comprimé contre le mal de tête) et maintenant, je dois faire ma liste des menus jusqu’à jeudi prochain et, par voie de conséquence, ma liste de courses ad hoc (sauf que je ne prévois pas d’acheter du haddock, hein, qu’on ne se méprenne pas sur mes intentions, s’il vous plaît, merci !)

Ensuite, je partirai faire mes courses en fonction de la liste que j’aurai établie et j’essaierai de me dépêcher car exceptionnellement, le patron m’attend à 9h30 pour la promenade dominicale des chiens, amen (et si je lance la baballe, ramène !) au lieu de 10h, je vais donc être chronométré plus que d’habitude, ce matin. Là, nous aurons un temps imparti de quarante-cinq minutes pour aller nous balader avec les deux en laisse mais pas tout le temps car nous les lâchons pour qu’ils puissent courir un peu, eux aussi, il n’y a pas de raison que ça ne soit que moi.

Après ça, je reviendrai chez moi avec le patron, une fois n’est pas coutume et là, je me changerai (parce que je me serai déjà rasé et douché après avoir écrit ce billet, juste avant ou juste après avoir établi mes listes de menus et de courses) pour que nous puissions prendre la route pour nous rendre chez ma cousine, tous les trois (le président en est, lui aussi) où là, un déjeuner d’une dizaine de personnes (voire d’amis mais pas forcément tous) nous attend et nous allons manger, boire, parler parfois fort, rire, critiquer, bâiller, faire d’autres pipis…

Vers 16h, il faudra penser à revenir car nous avons une bonne heure de route et surtout pour le patron qui se sera inquiété pour Claude, resté tout seul chez eux et moi, je me serai inquiété pour le patron qui se sera inquiété pour Claude et nous essaierons de rentrer de bonne heure pour que Claude puisse sortir accompagné. Les chiens nous feront la fête et moi, je serai content, ensuite, de rentrer chez moi et de me poser un peu et de respirer un peu moins vite. Voire plus lentement. C’est pour ça que je dis que je n’ai pas une vie facile. Objectivement.  

Comment vais-je gérer ça, une fois que j’aurai terminé mon CDI là où je suis embauché depuis 14 ans pile poil, demain, le 18 mars ? En effet, là, je suis toujours un peu à la course mais après, dans une semaine ou quinze jours peut-être dans un mois (non, je plaisante, pas dans un mois, surtout pas), serai-je toujours en train de courir après la montre ? J’espère que non mais m’empêcher d’être toujours à faire plusieurs choses à la fois, c’est comme demander à un chien de ne pas remuer la queue, quand il est content, je sens que je vais avoir du mal.